Pourquoi fait-on de la voile ?

Passionné de la navigation à voile, mouillez donc sur ce forum...
piccolo
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Pourquoi fait-on de la voile ?

Message par piccolo »

Personne n'a dit sur ce forum que les pirates, étaient des libertaires. Je me suis juste permis de donner le titre d'un livre, qui traite plus à mon avis de la psychologie des gens de mer, que de la vie des pirates ; tout cela, par rapport à la liberté ressentie, par ceux qui la prennent. Quant à définir les pirates comme des gens violents, ne confondons pas tout. Ceux du 18° siècle étaient de pauvres gens fuyant les persécutions, ou de pauvres marins, jeunes enrolés sur des unités militaire où la discipline était impitoyable. Quant à les définir comme violents, il faudrait peut-être commencer par dire que de touts temps, les sociétés ont été violentes, et qu'heureusement qu'il y eut des hommes pour résister, et s'attaquer à l'empire espagnol ou portugais. Pensez vous réellement que les espagnols étaient de doux agneaux lorsqu'ils ont commencé à coloniser hispaniola par exemple ? Savez vous que leurs lévriers valaient mieux que que la vie des indiens, qu'ils les embrochaient par jeux, etc.. etc.. ? Vous devriez lire les récits de B. de Las Casas, vous verriez dans la piraterie une confrérie de désespérés qui voulaient simplement fonder un un monde plus juste... Mais il est vrai qu'entre eux et les pirates des mers de chine, tout un monde les sépare. A plus.
piccolo
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Pourquoi fait-on de la voile ?

Message par piccolo »

En outre, denombreuses aventures de mer se sont transorfmées, même récemment en fortunes de mer. Equipages mal préparés, manque de volonté, et surtout stupidité des gens. Je pense surtout au drame survenu à ces 2 français partis de las palmas, et qui non seulement n'avaient pas pris d'eau, mais étaient auss d'une grande incompétence. S'étant rencontrés dans un bar, ils s'étaient montés la tête l'un l'autre ; l'un s'affirmant circum-navigateur tandis que l'autre moniteur de voile. Résultat, un mort, et un secouru. Cette histoire figure sur le hors serie de V&V, qui foisonne d'histoires de ce genre. Pour revenir aux pirates, il y eut de tout, car certains étaient idéalistes, d'autres de pauvres bougres, d'autres fuyant les persécutions dont ils étaient les victimes. Ne fustigeons donc pas à tort et à travers, car les plus grands criminels, si vous connaissez un peu votre histoire, furent les états eux-mêmes. Il suffit de lire la conquête des amériques, pour comprendre ce que la belle civilisation apporta aux populations outre-mer : pillages, massacres, maladies, tortures, esclavage, etc.. La littérature maritime foisonne de récits sur ces sujets, qui nous rappellent le passé proche !
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filoufilou
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Pourquoi fait-on de la voile ?

Message par filoufilou »

Mon cher Benjamin, je sens que ton sujet se barre en cxxxlle !! (comme dirait le camarade Osmose :lol:
Pour ce qui est de la solidarité des differents utilisateurs de la mer (plaisanciers à voile, plaisanciers à moteur, pêcheurs, marine marchande, navettes et bateaux de visite, marine nationale, .....), si elle existe, elle est également, et avant tout réglementée dans les codes internationaux (devoir d'alerte et d'assistance)
Maintenant il y a la coéxistance de ces différents "mondes" qui n'est pas toujours facile et là la règle serait quelque chose comme "la solidarité au sein de chaque monde et entre chaque monde est inversement proportionnel à la concentration des individus de chaque monde dans un coin donné" CQFD comme disait Spinoza :idea:
Bon vent à tous.......
Basile
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Porqué ?

Message par Basile »

Pourquoi fait-on de la voile ? Est-ce que cela sous-entend aussi : pourquoi a-t-on un bateau ?
Alors, peut-être que les personnes les mieux placées pour répondre sont celles qui gardent leur bateau bien qu’elles ne s’en servent plus. Car si on ne sait pas toujours pourquoi on a un bateau, je crois que l’on sait tous qu’on ne supporterait pas de ne plus en avoir. Car le plaisir d’avoir un bateau, c’est aussi celui d’arpenter les pontons, boire une bière tiède dans le bateau d’un pote. C’est d’être alignés à quatre ou cinq le long d’un quai, à discuter de tout et de rien les mains dans les poches (béni soit celui qui a inventé les poches).
Ne plus « descendre » à son bateau doit faire un sacré trou dans la vie. C’est je pense avoir déjà un pied dans la tombe.
piccolo
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Pourquoi fait-on de la voile ?

Message par piccolo »

Absolument, c'est le fait d'être entre potes, à discuter, même bêtement parfois, autour d'une bonne bière. Cela dit, naviguer fait aussi du bien, car se retrouver en mer, c'est se ressourcer, et cela permet parfois d'être seul face à soi-même, pour faire le point, ou tout simplement, pour être seul, loin de la foule qui vous assaille quotidiennement ; cela permet de prendre la mesure du temps personnel, qui n'est pas toujours le même, que celui rapide, que l'on nous impose, au travail. Partir, c'est aussi le temps qui s'arrête, ou qui bat une autre mesure. Cela dit, avoir un bateau et ne pas s'en servir, c'est d'une bêtise navrante, en regard au nombre de gens qui souhaiteraient en avoir un, mais qui ne peuvent, par manque de moyens.
ols
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Pourquoi fait-on de la voile ?

Message par ols »

bien que debutant,et habitant la meme region que piccolo, je suis venu a la voile pour me ressourcer,pour profiter de le mer sans les contraintes de la population des plages.
Je suis novice mais je remarque que les autres possesseur de voilier sont en general des personnes sympatiques et beaucoup plus respectueuses que celles qui possedent des bateaux a moteurs.
Mes premieres sorties m'ont procure un immense bien etre ;la sensation de liberte mais aussi d'humilite face a la mer : un milieu ou il n'y a pas la place pour le hazard mais un espace infini pour le reve...
amities
olivier
CE
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Pourquoi fait-on de la voile ?

Message par CE »

Tout a fait d'accord avec toi Piccolo mais je ne m'emballerais pas sur ceux qui ont un bateau et ne s'en serve pas beaucoup . Peut etre habitent ils loin de leur reve , ou doivent ils beaucoup travailler pour parvenir a lui , bientot , un jour ! Ou la famille ne voit finalement pas les choses de la meme maniere et ils cherchent une solution qui ne serait pas un abandon ...
Je suis sur que les cas de ce genre sont nombreux et meritent indulgence car je pense que de toutes facons , c'est le reve le responsable .
CE
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Pourquoi fait-on de la voile ?

Message par CE »

Excusez les fautes , il faudrait relire avant d'envoyer!
Windjammer
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pourquoi fait-on de la voie,

Message par Windjammer »

une pensée amicale et un souhait de courage pour tous ceux qui n'ont pas les moyens d'avoir un bateau: plus que les moyens, c'est le désir qui compte
"Celui qui veut faire quelque chose trouve un moyen
celui qui ne veut pas le faire trouve des excuses"
proverbe (arabe, je crois)
" le plus long des voyages commence par un premier pas"
proverbe chinois
" tout le monde savait la chose impossible
mais ces innocents ne le savaient pas,
alors, ils l'on faite"
Jean Cocteau
La mer et la navigation sont des choses très dures "force 3 et du portant, ce sont la récompense" , me disait un navigateur anglais - et la récompense, cela se mérite (ô combien!)
L'argent, ça aide, et permet du confort,
La force et la résistance physique, c'est très utile en mer. Cela ne suffit pas: le plus costaud de mes anciens équipiers est mort par incompétence, pour s'être imprivisé skipper d'un bateau en mauvais état que j'avais refusé de convoyer: il s'est lancé délibérément avec une météo de tempête de Mistral, et a fait face d'une manière absurde: au lieu de coller à la côte ( d'où vient le vent par Mistral, comme chacun sait) , et de mouiller ses ancres, il a pris la fuite vers le large: il a été ainsi aperçu un instant par un pétrolier, qui rentrait à Fos) et a été englouti par les vagues, avec un moniteur de voile qu'il avait embarqué comme équipier.
mais ce qui fait qu'on en vient à posséder un bateau, et à réussir des traversées, c'est la passion: ce mot affadi, mais qui signifie ce mélange de béatitude et de douleur, de joie sans limites et d'immense souffrance,de frénésie d'absolu, qui arrache toutes les parcelles d'énergie du corps et de l'âme et produit des miracles.
Je ne ferai pas la liste de ceux qui ont "eu" leur voilier et ont navigué avec presque rien. J'en ai rencontré quelques-uns: Wharram, avec son premier bateau en bois de caisses d'emballage,cet autre dont je me souviens plus le nom, qui a construit un doris à voiles de 6,50 m (embarcation qui est visible depuis au musée maritime d'Exeter) pour 2500Livres (390 €) et 50 livres pour les provisions!, et Slocum, et pierre Auboiroux, et Jean Lacombe, et Léo, ce Belge rencontré aux Canaries, qui a travaillé 18 ans en usine, pour faire quelques stages aux "Glénans" et acheter une petiite "Dorade" de 6,50 m à deux quilles pour parti faire le tout du monde - du moins j'ai appris qu'il est arrivé aux Antilles - et Jean Renoux, parti en kayak de Nantes vers la Garonne, faisant naufrage dans la baie de l'Aiguillon, repartant quelques années après , avec un canot à voiles qui avait absorbé ses économies, et faisant de nouveau naufrage... et Perre Brenet, construisant, avec sa femme et ses deux beau-frères, une goélette de 23m , à 3 mâts ( "le Toumelin": si vous le rencontrez, saluez-le: le chantier a duré 8 ans, et pendant ce temps, il fallait aussi travailler pour la nourriture et les matériaux; et Moitessier, et les deux Anglais qui, dans les années60 faisaient de la croisière océanique ( jusqu'en Islande et en Norvége, tempêtes comprises, avec une technique à eux, et surtout un sens marin exceptionnel), Moriz, renconté à Almeria, oubiant la guerre tant il n'avait que son voilier en tête, rattapé en Yougoslavie, expédié en Russie, s'évadant et finalement, la paix revenue, remettant une épave en état et recommençant son voyage sans fin.; Jean Gau, cuisinier, travaillant quelque temps pour faire des économies, puis repartant jusqu'à ce que sa caisse soit vide, sur son vieux bateau de 35 ans (2 tours du monde 1/2, 13 traversées de l'Atlantique, excusez du peu...). Il serait impossible de faire un livre avec tous ces gens: à peine un catalogue.
Mon expérience personnelle, beaucoup plus modeste: j'ai cassé ma tireli-re pour payer la cotisation du défunt et sympathique "Touring-Club".cela m'a donné accès à des cours gratuits donnés par un capitaine au longs cours et plaisancier, et surtout à l'utilisation d'un vieus "Vaurien" en contre-plaqué, dépourvu de réserves de flottabilité ainsi qu'à l'époque (1959-1960) : il était exclu de chavirer - en Février-Mars, il n'y avait personne d'autre sur l'eau). J'ai donc appris à réduire la voiliure et "porter la toile du temps". J'allais de Bordeaux au Bassin d'Arcachon en auto-stop, tous les Samedis et tous les Dimanches, quel que fût le temps..Je ne sentais pas le froid ni les intempéries, seulement une immense joie, et la communion totale avec la nature, le vent , la mer.
Après quoi, avec mes connaissances toutes neuves, j'ai été largement accueilli par des propriétaires de bateaux de toutes sortes, du "Vaurien" au thonier à voiles, avec lesquels j'ai considérablement augmenté mon expérience et mes connaissances.
Puis, j'ai eu "mon" voilier.. Un côtre construit par Ernest Sibiril, de Carantec ( bateau qui a été le modèle de la "Billie Jane" construite actuellement en plastique). Le bateau était à moitié pourri, mais pas cher je gagnais 460 f ( de l'époque - soit à peu près 760€) et payais un loyer de 100f(152€). J'ai acheté du bois, directement chez les gands marchands importateurs - les frères Jammes étaient alors champions de Finn, ce qui facilitait les choses -quelques outils, et ai remplacé toutes les planches pourries, allant à mobylette tous les Dimanches au port ( 91 km de Bordeaux) où le bateau était sur cale. Et le jour venu, 2 ans après le début des travaux, je me suis lancé en navigation de croisière (3° catégorie, à l'époque, la législation le permettait). Sm. de long, une cabine de 2x2m avec une lanterne-tempête à pétrole comme lampe de cabine et chauffage, 1,20m de "hauteur sous barrots", 5 noeuds en vitesse de pointe, des voiles en coton et les cordages en chanvre, mais quel bonheur! j'y ai passé des années à écouter le chant du vent et le bruissement dela mer, à compter les éclats des phares, à naviguer par brise de terre en évaluant la distance "à l'odeur des oeillets ( voire à celle, tenace, de l'"Ambre solaire"), à guérir de mon mal de mer, et de ma peur,à me promette de moins en moins souvent que "si je m'en tirais cette fois là, je resterais pour de bon à terre", pour revenir me dire, 15 jours plus tard "mais qu'est-ce que je viens faire là ". Depuis, j'ai vendu ce bateau ( et je l'ai en vain recherché par la suite: je l'aurais racheté) pour passer à des navigations plus importantes.
il m'est arrivé, plus récemment, de faire de la croisière (côtière il est vrai)
en ( ou plutôt sur) "Sunfish": 4,20m de long, 1,45 de large, 15cm de franc-bord, et une remarquable tenue à la mer. 35 milles en 10 heures à "Brest 96", l'année suivante une croisière le long de la côte du Var (îles comprises) avec une solide équipière: l'essentiel n'est pas le bateau, c'est ce qu'on en fait: naviguer.
Conclusion: ne pas se plaindre de conditions auxquelles on ne peut pas grand-chose; bien se poser la quesion de savoir si l'on veut vraiment naviguer, sachant que cela coûtera nécéssairement cher financièrement et moralement, qu'il faudra vraiment s"investir" sous peine de ne savoir que faire d'un "bateau-cadavre", et qu'il y aura beaucoup à apprendre, avec application et persévérance, car sa propre vie et celle des siens , et même son plaisir est à ce prix.
piccolo
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Pourquoi fait-on de la voile ?

Message par piccolo »

Bonjour Windjammer, très beau texte, j'allume mon imprimante. J'admire votre persevérance, et votre ténacité ; je ne peux cependant plus écrire, car mon forfait est 'out' depuis longtemps. J'avoue que les navigations sur le golf du Lion, sont plus simples qu'en Atlantique, et que l'effort est de ce fait moindre. Je fais donc court. Je n'ai eu à moi que 2 bateaux, un Gib sea 26-, tout de plastique, et d'électronique, et un Piccolo, -plan Villenave-, que je viens d'acquérir il y a peu. Je suis tombé amoureux du bois récemment, en visitant un ctp-epoxié, et j'ai donc acheté ce bateau, sans électricité, sans gros confort à bord, mais qui me donne des joies immenses, plus qu'aucun autre bateau -je navigue aussi sur les bateaux des amis-. Tout cela pour dire que la passion existe bel et bien, et que c'est beau de s'endormir le soir, en pensant à son bateau... Bon je me sauve, car je vais me faire enguirlander. Bonne soirée à tous. Jm.
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