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réduction de voilure : l'avant ou l'arrière?

Publié : mer. mai 29, 2002 3:55 pm
par Armael
Bonjour à tous!
J'aimerais avoir votre avis sur la réduction de voilure : commencez vous par réduire la voile d'avant ou la GV, et pourquoi?
à+
Armael

réduction de voilure : l'avant ou l'arrière?

Publié : mer. mai 29, 2002 4:31 pm
par Barry
Salut !
Bon, ouvrons le débat, qui j'espère sera riche. Excellent sujet, avant tout.
Je crois que l'ordre dans lequel on agit, dans la réduction de la voilure d'un voilier dépend de deux choses : du voilier et de son allure. En ce qui me concerne directement, mon voilier se mettra très rapidement à loffer dès que les conditions vont fraîchir. De plus, étant un PTE, il dérivera très vite. Et comme si ce n'était pas suffisant, il va perdre tout de suite en vitesse, parce qu'il est très large pour sa longueur, sans pour autant être triangulaire, ni plat (3 mètres au bau pour une coque de 8,50 mètres).
Au près, la GV étant la source d'ardeur du voilier, il faut éviter la surgîte mais aussi les incessantes tentatives du voilier à monter au vent, car cela fait plus que chuter la vitesse... je commence donc par réduire la GV. Il m'arrive même de naviguer sous génois seul, lorsque les conditions me le permettent. De cette manière, je réduis les sources de gîte du voilier, en le conservant doux à la barre, sans départ au lof possible (ou presque), puisque le génois maintient le voilier sur sa course tout en lui conférant une bonne vitesse. Je l'ai testé ce week-end : par force 7 avec 2 mètres de creux et ce à 50° du vent, le pilote auto tient parfaitement bien le voilier dans sa trajectoire.
Au portant, j'ai plutôt tendance à faire le contraire, même si la plupart du temps, je ne m'ennuie pas à re-régler le pataras, en le laissant dans une configuration "all round". Mais le voilier me semble plus maniable avec la GV, et la barre répond mieux dans les allures où son adhérence dans l'eau est plus qu'aléatoire.
Voilà, j'ai été un peu vite, mais grosso-modo, c'est ce que je fais... (tu le savais déjà).
En l'attente des réactions des autres copains, bon vent à tout le monde !
Barry.

réduction de voilure : l'avant ou l'arrière?

Publié : mer. mai 29, 2002 4:40 pm
par tschai
Salut,
Alors voilà ce que je fais:
D'abord je prends un ris, pour garder de la puissance avec mon génois. Puis j'enroule ou je mêts mon foc sur étai larguable ( bien mieux !! ), puis 2ème ris, puis ris dans foc ( on est déjà à 35Kts réel ), puis 3ème, puis TMT puis plus de GV.

Ceci dit, quand j'ai 25Kts, à partir du travers je prends 2 ris et laisse tout devant, bateau pas ardent, plein de puissance, impéc.
Au dessus au portant j'enlève la GV et joue avec l'avant.
Tout dépend évidement du bateau, du plan de voilure etc...
A plus :smile:

réduction de voilure : l'avant ou l'arrière?

Publié : mer. mai 29, 2002 5:11 pm
par Osmose
Bonjour,
j'ai un 7/8eme avec bastaques et pataras, mât très souple, GV très grande.
Au près, je réduis devant, bien sur. Avec ce type de gréement, on garde la GV haute très longtemps.
Par exemple, sur un Figaro, on prend le 1er ris à 30 noeuds.
On l'applatit avec le cunningham, la drise étarquée au max, le hale-bas à fond et on cintre la tête de mât avec la pataras pour faire déverser.
Au portant, c'est le contraire, bien entendu. Surtout aux allures très proches du vent arrière, où on réduit la GV ne serais-ce que pour éviter de tout casser sur un empanage.
Même avec un gréement en tête, on peut porter des voiles assez grandes devant au portant. Par vent fort, on peut amener complètement la GV, mais c'est bien mieux de la garder au bas-ris, pour pouvoir remonter au vent en cas d'urgence.
A +

réduction de voilure : l'avant ou l'arrière?

Publié : mer. mai 29, 2002 6:15 pm
par kaj
Bonjour.
Tout dépend du type de bateau. Pour nous on commence par cintrer le mât au pataras puis on met la dérive en position arrière et on remplace le génois par un solent autovireur.
Si le vent monte encore on laisse filer de la barre d'écoute de GV pour que la barre soit moins dure et que le bateau avance encore bien. Ensuite on prend un ris, puis un autre... Si ça continue on roule une partie du solent et si ça monte encore on roule tout le solent. Quand on en est là il y 45 noeuds de vent et il est temps, pour nous, de se rappeler ses meilleurs prières.
Il faut tout faire pour éviter d'en arriver là, mais on n'est pas toujours maître de la situation.
Kaj

réduction de voilure : l'avant ou l'arrière?

Publié : mer. mai 29, 2002 6:55 pm
par Osmose
Bonjour,
Je voudrais revenir sur cet excellent sujet parce que je crains de deviner, dans certaines réponses qui ont été faites par mes amis internautes, l’exposé d’une idée reçue qui ne correspond pas à la réalité. Je vais essayer de faire court, mais ça va pas être facile, le sujet est très technique.
Tout d’abord, on a tendance à penser et à répondre 'ça dépend du bateau'. Je ne pense pas que ça dépende beaucoup du bateau, tous les bateaux modernes à gréement Marconi réagissant à peu près de la même manière dans ce domaine.
Ensuite, il existe une idée reçue selon laquelle, lorsque le vent forcit, la GV ferait gîter et lofer la bateau : attention, cela ne correspond pas à la réalité. Il s’agit là d’une confusion, du moins je le suppose, avec cette vérité théorique que l’on enseigne partout : la GV fait lofer et le foc fait abattre. Si ce fait est indéniable, il s’applique uniquement dans des conditions où le bateau est équilibré, c’est à dire porte la toile du temps. En fait, lorsqu’il tient son cap avec la barre au milieu, ou à peu près.
Ce sujet portant sur la réduction de voilure, on suppose que celle-ci est nécessaire, que le vent forcit et que le bateau est sur-toilé.
Ici, le problème est différent : la surface de toile offerte au vent est trop importante. Les voiles vont tendre à se déformer et tout particulièrement à se creuser sous l’effet de la pression subie. Cette déformation va augmenter le creux et déplacer le centre de gravité vélique sous le vent du bateau, ce qui a pour conséquence immédiate d’augmenter la gîte. Or, s’il est assez facile d’aplatir une grand-voile, c’est à peu près impossible pour le génois : à part raidir la drisse, je ne vois pas bien ce qu’on peut faire… La bateau va donc gîter parce qu’il a trop de toile, et que cette toile est trop creuse. Dans ces conditions, c’est bel et bien le génois (trop creux) qui fait gîter, pas la grand-voile !!! Et le bateau lofe parce que, la gîte devenant importante, le safran cesse d’être efficace, pas parce que la grand-voile le fait gîter !!!. Ce qui entretien la confusion, c’est que dans ces conditions, lorsque le bateau part au lof, l’équipage choque en grand l’écoute de grand voile, ce qui en général redresse la bateau. Se remémorant alors le vieil adage 'La GV fait lofer,...', on se trouve conforté dans cette croyance. Mais en fait, si dans ces conditions vous choquez en grand l’écoute de génois à la place, le résultat est le même : le bateau se redresse immédiatement, le safran redevient efficace et le bateau cesse de lofer. Bien sur, on ne le fait pas, pour des raisons pratiques, un génois étant trop long à border.
En fait, quel que doit le bateau et le gréement (fractionné ou en tête), il convient lorsque le vent forcit de réduire devant et d’aplatir la grand-voile. Au près, dans la brise, il est beaucoup plus important d’avoir des voiles plates que des petites voiles. Mais quand il n’est pas possible d’aplatir une voile, comme le génois, il faut réduire sa surface si on a un enrouleur, changer pour une voile sans doute plus petite mais surtout plus plate sur un étai libre.
Au portant, le problème est différent, le ceux dans les voiles d’avant n’a plus d’importance, il serait même plutôt bénéfique, déplaçant le centre de poussée vélique vers l’avant du bateau. Ce qui compte à ce moment là, c’est la surface exposée au vent, les risques pour le gréement, la possibilité qu’on souhaitera conserver de remonter au près en cas d’accident (chute à la mer, par exemple), et le chiffre qu’on veut lire au speedo. C’est un autre débat.
Si je reviens sur ce sujet passionnant, ce n’est pas tant pour la question posée (après tout, chacun fait comme il veut, et si on veut être tranquille, on peut réduire les 2), que pour dénoncer cette idée reçue qui traîne sur les pontons et dans les mauvais livres, selon laquelle il faudrait réduire la GV lorsque le vent forcit pour ne pas lofer et gîter : c’est un peu court comme raisonnement.
A +

réduction de voilure : l'avant ou l'arrière?

Publié : jeu. mai 30, 2002 10:21 am
par Barry
Salut à tous,
Osmose : alors là, j'ai du mal, je l'avoue. J'ai fait les différents tests, croyant également qu'un 7/8 présente des différences au niveau de la réduction de toile par rapport à un en-tête. Mes conclusions ont été claires !
Lorsqu'il s'agit de réduire et que je commence à enrouler le génois, effectivement, je gagne en gîte et en cap, mais la vitesse du voilier chute tellement (elle se divise presque par deux) qu'il devient vraiment pénible de tirer d'éternels bords. En réduisant d'abord au maxi ma GV, en effet, je perds un tout petit peu de cap (+ ou - 5°, en fonction de la force du vent), mais au moins je tiens mes 5 noeuds bien faits au près, lorsque le clapot n'est pas trop haut. Alors, pour quelle autre raison est-ce que je dois toujours penser à applatir une GV qui en termes de rendement n'est pas aussi efficace que le génois ?
Par ailleurs, je veux bien que Tom Pouce soit sensible au réglages que tu fais dans la GV, en l'applatissant grâce au jeu sur la bordure et le guindant, mais ce n'est pas le cas sur mon voilier, dont les réglages des voiles sont assez sommaires. Je peux applatir ma GV, bien sûr, mais cela ne change pas suffisamment le problème de la gîte, dans mon cas, qui est l'énemi n°1 du cap, puisque je suis en PTE. Lorsque j'en suis au problème de la gîte, la seule manière que j'ai trouvée (tests à l'appui) de la réduire est de passer un ris dans la GV puis un deuxième si nécessaire, pour garder un cap pas trop mauvais et surtout une bonne vitesse... (le tout en pensant aussi que plus un voilier est lent sur l'eau, plus ce même voilier souffira du clapot).
Enfin, mon bébé est un bateau de conception confort. La bôme se trouve à 1m70 du cockpit, ce qui est donc haut. A force 4 fraîchissants, je dois passer mon premier ris (ce qui est assez frustrant), mais lorsque je suis sous GV 2 ris + Génois déroulé 100%, je tiens jusqu'à 35 (voire peut-être 40) noeuds environ... que peux-tu m'en dire ??
Voilà ! Si tu peux m'aider à trouver une autre solution pour mieux concilier cap et gîte, je suis prenneur !
Bon vent à tous !
Barry.

réduction de voilure : l'avant ou l'arrière?

Publié : jeu. mai 30, 2002 11:03 am
par Osmose
Barry,
ce que je peux t'en dire ? Rien. Encore une fois, chacun fais comme il veut en fonction de ce qu'il veut.
Dans ta réponse, tu gardes le génois pour privilégier les performances. OK.
Je réagissais plutôt à une phrase comme :
"Au près, la GV étant la source d'ardeur du voilier, il faut éviter la surgîte mais aussi les incessantes tentatives du voilier à monter au vent, car cela fait plus que chuter la vitesse... "
qui me semble décrire une idée reçue ("LA GV étant source d'ardeur"). C'est vrai, mais ce n'est pas le problème lorsque le vent forcit.
Qu'en pensent les autres ?

réduction de voilure : l'avant ou l'arrière?

Publié : jeu. mai 30, 2002 3:51 pm
par Armael
Salut,
d'abord merci pour ces réponses. Sans vouloir relancer le débat, j'aurais une autre question, toujours sur ce sujet.
J'ai lu dans le bouquin de Chéret que d'une part la GV participant à la tenue du mât sur toute sa longueur, d'autre part en la réduisant sous l'étai on provoquait un déséquilibre dans les tensions sur le mât, il vallait mieux attendre le plus possible avant de réduire la GV, et commencer par l'affiner au maximum et réduire à l'avant. J'ai peut-être mal compris, c'est pourquoi j'aimerais savoir ce que vous en pensez.
Merci, bonne fin de journée à tous.
Armael

réduction de voilure : l'avant ou l'arrière?

Publié : jeu. mai 30, 2002 4:03 pm
par Armael
osmose,
Je suis d'accord avec toi dans le sens ou je pense que la GV n'est pas la seule source d'ardeur. C'est vrai que lorsque le bateau gîte, les forces vélique et antidérive ne sont plus sur le même axe : la première part sous le vent, la seconde au vent. Il y a alors un couple qui se forme et qui va faire lofer le bateau.
Bref, la GV et la gîte sont sources d'ardeur.
Après chacun fait comme il veut pour limiter la gîte : diminuer l'avant ou l'arrière, c'était justement ma question.
à+
Armael