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Jalousies , complexes...ASSEZ
Publié : dim. mai 04, 2003 6:44 pm
par CE
Bonsoir
J'en ai assez de cette jalousie ! Jadis , dans le monde de la voile on rencontrait des pasionnes qui ne regardaient pas le flacon et avaient l'ivresse . Aujourd'hui , plus personne n'ose se regarder .
Il a un plus gros bateau , il va plus vite , il est plus neuf ....je fais comme si je ne le voyais pas .
N'est il pas plaisant de voir tous ces bateaux , et surtout ceux qui sont un peu differents ?
Les petits ne sont ils pas aussi beaux sur l'eau ?
N'y a t il que leur prix qui les rend beaux et attirants ?
J'aimerais tellement trouver des gens capable de naviguer pour le plaisir , de la mer et des bateaux sans repeter les tares des terriens et de leurs complexes .
A bientot
CE
Jalousies , complexes...ASSEZ
Publié : mer. mai 07, 2003 8:25 pm
par CE
D'ailleurs , il me semble que ce genre d'attitude se rencontre chez les proprietaires de bateaux deja assez chers ...Chez ceux qui utilisent le bateau aussi , comme element de reconnaissance , signe exterieur de richesse donc dans leur esprit de reussite. Ceux qui n'ont que l'avoir pour etre .
La mercedes , la villa et le yacht .On dirait du TATI .
Jalousies , complexes...ASSEZ
Publié : ven. mai 09, 2003 8:08 am
par maximus
Oui
ce genre d'état d'esprit d'ailleurs on le trouve surtout chez ceux qui
naviguent peu, ceux qui ont des bateaux arapêtes bien accroché au poton,
mais bon que voulez vous, il faut de tout pour faire un monde.
J'ai appris avec "surprise" que l'on pouvez se faire trés plaisir avec un petit bateau, et le plaisir est d'autant plus grand lorsqu' on pense au coût
annuel.
Amicalement
Jalousies , complexes...ASSEZ
Publié : ven. mai 09, 2003 10:53 am
par Flok
De toute façon, les bateaux, c'est comme les papas, c'est toujours le sien le + beau :)
Je plaisante...
Ceci dit, je suis entièrement d'accord avec vous. Certains oublient très souvent de se faire plaisir et d'etre heureux avec ce qu'ils ont. Mais dites vous que ces jaloux sont les + malheureux, il qu'il vaut mieux les plaindre que de les condamner: il y aura toujours un bateau plus beau et plus chèr que le leur et de ce fait, ce seront d'éternels insatisfaits!
Jalousies , complexes...ASSEZ
Publié : ven. mai 09, 2003 12:30 pm
par piccolo
Je ne connais aucun insatisfait dans mon voisinage, cela dit, il est toujours intéressant de voir évoluer un bateau plus beau que le sien. J'ai eu cette agréable surprise samedi dernier, lorsqu'un superbe ketch bois, d'époque, garde-robe neuve, nous a doublé, en souriant. Nous étions très heureux à bord de voir cette merveille. Pour les bateau 'arapèdes', et non 'arapètes', à moins que l'orthographe change de l'atlantique à la méditerrannée, ce qui est possible, et bien pour ces bateaux là, c'est vrai qu'ils transforment nos ports en cloaque, l'été, et c'est bien dommage. Pour le possesseur de petit bateau, statistiquement, c'est bien connu, sa moyenne de sortie annuelle est bien supérieure aux gros, qui doivent souvent attendre un équipage avant de sortir.... Vive les petits bateaux !
Jalousies , complexes...ASSEZ
Publié : dim. mai 11, 2003 8:10 pm
par CE
Bonsoir
C'est vrai que cote soucis , un petit bateau c'est super , mais un gros bateau ou du moins , un plus gros , donne parfois le plaisir d'un beau passage a la mer , un mouvement d'etrave plus doux , des reactions au vent et a la vague plus souples .
Et puis , le confort en mer , a l'escale...ca compte aussi , et la famille ne s'en plaint jamais !
La difficulte est de trouver les limites du compromis confort , vitesse , beaute , prix ; et ces limites ne sont evidemment pas les memes pour tout le monde et , malheureusement parfois ou heureusement d'autres fois , elles peuvent varier au cours de la vie .
Jalousies , complexes...ASSEZ
Publié : dim. mai 11, 2003 9:56 pm
par piccolo
Oui, absolument d'accord, et c'est pour cela que le bateau des copains est bien utile, quand l'on veut passer un agréable moment sur un bateau plus gros. A partir de 7m, chez nous les prix montent, lorsque l'on veut caréner par exemple. A partir de 7,5m, alors là, le prix double pratiquement, que ce soit au niveau du travelift, ou du ponton. J'estime donc qu'avec un programme de navigation cotier, un budget limité pour l'entretien annuel, et la possibilité de dépenser ailleurs, le budget loisirs, j'estime qu'une petite taille sied très bien, pour mon cas. Je n'essaie cependant pas de dire : choisissez un petit bateau ; tout simplement car chacun est libre, et qu'évidemement, un plus gros sera plus confortable, à l'usage. Bonsoir.
Jalousie?????
Publié : mer. mai 14, 2003 9:27 pm
par Windjammer
et pourquoi, dites-moi ? Ce qu'on gagne d'un côté, on le perd de l'autre (et réciproquement) qu'il s'agisse de sa femme, de sa maison ou de son bateau.
je vous offre mes observations personnelles, issues de nombre de navigations diverses sur une quantité de types de bateaux:
un grand bateau, c'est très agréable une fois sorti du port, mais il faut en sortir, et surtout y entrer. Et puis les petits mouillages encombrés, où l'on ne passe pas, où le tirant d'eau oblige à de longs trajets en annexe -avec vent et clapot parfois- (et ,pour mémoire: le doux ronronnement du groupe électrogène, pour tous les trucs électriques dont ces caravanes à voiles sont truffées) Donc: un grand bateau, avec un ou deux solides équipiers expérimentés, et un patron qui paye les énormes frais ( +/- 10% par an du prix d'achat du navire). J'ai beaucoup apprécié cette formule en tant que matelot, puis second, puis skipper.
A partir de 12 mètres, pour que le bateau reste en bon état,il faut soit vivre à bord, soit avoir un marin à l'année, ou bien un contrat de gardiennage et d'entretien un chantier, à condition que celui-ci soit sérieux, ce qui n'est pas toujours le cas.
on peut pratiquement tout se permettre avec un bateau de 9 mètres: dans les années 1955-1960, c'était considéré comme un grand bateau. A l'époque, on naviguait allègement entre Plymouth et Santander avec des voiliers de 7 à 8 mètres: la 3° catégorie commençait à 2 tonneaux de jauge brute et permettait de naviguer jusqu'à 100 milles d'un abri. Les dessins récents sont encore plus spacieux dans ces mêmes longueurs. Pour se régaler du fond des estuaires, des petits archipels, des rias et des petits ports à marée, il vaut mieux avoir moins d'1,10 m de tirant d'eau (et des béquilles: on dort mal couché sur le côté, avec en plus les objets aui dégringolent au fur et à mesure que la marée baisse), au plusd d'1,30 m - c'est déja beaucoup-. Avec un bateau pas trop grand, on se déséchoue facilement quand on "sonde avec la suille".
un bateau, c'est fait pour naviguer, peu importe celui du voisin, sur lequel, s'il l'on est sympa (et le voisin aussi, il y en a ), on se retrouvera un jour où l'autre à border les écoutes.
Ces dernières années, j'ai navigué entre le golfe du Morbihan et la Bretagne ( jusque et y compris aux fêtes et aus sorties de Brest 2000 ) avec un cata sans cabine: une petite tente en tenait tant bien que la lieu en mer, et deux tentes igloo sur les trampolines à l'avant pouvaient loger 4 à 6 personnes au mouillage;
J'ai aussi pratiqué une navigation que j'ai beaucoup apprécié, entre Noirmoutiers, la Bretagne Sud, puis jusqu'à Santander, avec un excellent "First 18" (5,90m), dont la tenue de mer et la vitesse étaient un régal; seulement un peu juste quant à la place intérieure ( il est vrai que je lui demandais un peu trop, avec une grosse annexes pneumatique, dans le coffre, et le vélo pliant -c'est commode, mais vraiment très facultatif -sur l'une des couchettes arrière- )Dans l'un comme l'autre cas , je n'ai jamais ressenti l'ombre d'une jalousie que eût terni mon plaisir fort et entier de naviguer .Dois-je ajouter que pendant 4 mois, dans les ports et les mouillages compris, je n'ai pas une seule fois utilisé le moteur sur le "First", tant était grande sa maniabilité.
De fait, ayant toujours fait ce que j'ai voulu avec le bateau que j'avais sous la main, ce qui veut dire en fonction de mes possibilités et de celles de ce bateau, j'ai toujours eu le bateau idéal. ( j'ai d'ailleurs écrit un message dans ce forum sous ce titre - le bateau idéal - où je dis la même chose d'une manière un peu différente.)
alors, bon vent, et paix, force et joie par et avec le voilier qui est ou sera le vôtre
Jalousies , complexes...ASSEZ
Publié : mer. mai 14, 2003 11:14 pm
par piccolo
Tout à fait d'accord, sur le fait qu'avec une passe petite, mieux vaut avoir une petite longueur à offrir, plutot qu'une grosse. Il y a deux semaines, par force 8 ou 9 -je suis sur que le vent dépassait les 74kmhs-, j'ai dû mettre le petit 4cv à fond, plus les voiles sur le 2° ris, pour pouvoir être manoeuvrant, le vent vent étant perpendiculaire à la passe. Sortie éprouvante, car je ne voulais pas sortir ce jour là. Seulement voila, un impondérable du nom de Phili... qui adore se faire peur, et pousser le matériel dans ses derniers retranchements. J'ai perdu ce jour là quelques coulisseaux -6-, et aussi un équipier qui ne sera plus mon hôte... Mais je m'éloigne encore.. Pour le tirant d'eau aussi, c'est bien d'être petit ; bien que les parages de la bretagne sud et de ses passes entre les rochers soient bien différents d'ici, où de cotes, il n'est que de falaises. Pour la maniabilité, le mini-transat, dés passé les digues, se manie comme une jeune fille, pour mon plus grand plaisir. Il se laisse manier à la longe, comme un poulain, et se cale tranquillement, sans a-coups. A St Cyprien, mon port d'attache, j'ai remarqué, comme dans d'autres ports d'ailleurs, que les gros ne sortent jamais ou presque. Et chaque fois, de me demander stupéfait quelle lubie a pu pousser celui-la, à acheter un bateau. Par contre, les petits, c'est autre chose... Bateaux de passionnés, ils sont toujours dehors ! Allez y comprendre quelque chose ; moi, j'en perds mon latin. Salut.
jalousies...
Publié : jeu. mai 15, 2003 9:50 am
par Windjammer
la réponse est simple: en mer, le gros bateau est le plus agréable et bien plus confortable ( encore que pour manier une grande et grosse toile au-dessus de force 5, ce n'est pas toujours évident ). Et plus il est grand, plus c'est pire, disait le capitaine Le Connec: l'un de mes anciens patrons avait un Ketch de 37 mètres hors-tout ("Talofa"), il fallait ( pour la règlementation) un capitaine au longs cours à bord, le mât mesurait 45 mètres, les voiles à l'avenant, en tissu spécial raide et lourd, un spi de 600m2. La manoeuvre de bastaques, malgré les 8 hommes d'équipage, était de la haute voltige et, dans l'ensemble, le gréement courant était aussi dangereux que les appareaux d'un chalutier. Sortir d'Antibes et y rentrer était si délicat et contraignant qu'il servait essentiellement à des réceptions à bord, et au séjour du propriétaire. Cela ne m'a jamais dérangé, et cet homme était d'une grande correction, payait bien, habillait l'équipage ( en blanc) ; le logement était vaste et la nourriture de qualité, avec du champagne Lanson rosé à volonté - ce qui est plutôt rare au niveau des équipages-.
Mais il n'était pas question de naviguer. Sur un autre bateau qu'il possédait ( "l'Idole", "seulement" 18m, 4 hommes d'équipage) nous sortions tous les jours .....de Cannes aux îles de Lérins. Une fois, nous avons osé aller jusqu'à Saint Tropez, parce qu'une locataire avait à tout prix voulu se faire voir avec "son" voilier amarré devant la terrasse de Sénéquier !
Où il y a de la gêne , il n'y a pas de plaisir, et, à moins d'être particulièrement costaud, un grand bateau devient rapidement une vraie galère quand il faut rentrer quelque part, ou quand le vent fraîchit.
Comme la majorité des propriétaires de voiliers est plutôt généralement très moyenne dans le domaine des manoeuvres de port ( par la faute d'un enseignement officiel qui apprend plus la régate que la manoeuvre, et du manque de pratique - 3 semaines par an ne font pas intégrer la multitude de cas qui demandent chacun une évaluation des conditions, un choix et une pratique particulière, ainsi qu'une adaptation des réflexes -) on assiste à l'arrivée -mon équipage les guettait chaque fin d'après-midi- à des scènes réellement comiques ( pas pour tout le monde, bien sûr ) A noter qu'en marine marchande, il faut 60 mois de navigation effective pour être en possession d'un brevet de commandement ... alors qu'on a déja une bonne expérience (dont il est tenu compte au cas par cas pour des "dérogations" ponctuelles: cette administration est loin d'être idiote. Le critère absolu, en marine marchande, est la sécurité., donc nécéssairement la compétence)
Ce qui me semble important pour le plaisir, qui est la finalité essentielle de la navigation de plaisance, c'est de pouvoir sortir quand on veut, et de faire ce qu'on veut, et pour cela savoir ce que l'on veut, en tout cas ne pas "galérer", ni se mettre dans de sales draps: pour cela, il faut connaître ses limiles avec le bateau sur lequel on est.
Le plus grand de mes voiliers personnels mesurait 13 m hors tout, mais du fait qu'il était très léger et que j'avais une place de port bien abritée et facilement accessible , exactement dans le sens des vents dominants, je sortais et rentrais plusieurs fois par semaine, avec l'aide d'un excellent équipier, à la voile ( un peu pour la pub et le spectacle, beaucoup pour le plaisir ). Mais je n'aurais pas fait cela dans une autre configuration.
Voici quelques années, j'ai vendu un bateau neuf au président du Comité Central des Armateurs de France. Comme cet homme n'avait rien à prouver ni quant à la fortune, ni quant au pouvoir, et qu'il voulait un bon bateau, stable, maniable, sûr, suffisamment rapide, avec lequel il pourrait emmener sa femme sans lui faire peur et sortir sans difficultés tous les jours où il en aurait envie, je m'étais porté garant des qualités d'un bateau que je lui avais fait visiter au salon nautique: le " Garbi" d'Amel, de 6,50m dont Brémaud avait repris la construction. J'ai livré ce bateau par mer, de Cap d'Agde à Saint Raphaël, pour fignoler la mise au point ainsi que faire plaisir au propriétaire en lui montrant que son bateau était un "vrai" qui pouvait naviguer sérieusement.. Avec l'un de mes équipers habituels et ma fille, alors âgée de 7 ans, j'ai fait la route ( que j'appelais "route de l'autobus", car je passais généralement devant les mêmes amers à la même heure) comme d'habitude, en 24 heures et tout à la voile.
Sitôt arrivé, il m'a demandé si je n'étais pas trop fatigué et acceptais de faire un tour de prise en mains tout de suite. Nous sommes donc sortis du port, et dans un temps idéal ( ponant, force 4) . Je suis parti en laissant un propriétaire de voilier heureux, sachant qu'il le serait longtemps.
Il arrive que des contraintes de l'existence m'empêchent de naviguer sur la mer, et en "vraie" croisière.. Alors, je ne me lamente pas: je sors mon vieux "Sunfish" de sa remise, pose ses 60 kilogs sur sa remorque, et pars faire des navigations qui me seraient impossibles avec un bateau plus important: le lac d'Annecy, des endroits de Porquerolles totalement inaccessibles à tout autre embarcation, des cheminements tortueux dans les marais de l'île de Ré, et même "Brest 96": 35 milles en 10 heures au milieu de la flotte des "vieux gréements". A Antigua, j'allais tous les jours chercher mon courrier en (ou plutôt "sur") "Sunfish": il n'y avait que 3 kilomètres et demi à faire par la route, et 1h1/2 par la mer, donc, je choisissais la mer: sortir de la baie, louvoyer énergiquement contre l'Alizé, rentrer dans l'autre baie, prendre le courrier, ressortir, et revenir dans un long surf en se tenant perché le plus longtemps possible sur la crête des vagues. Pendant ce temps, mon "grand" sloop restait sagement, avec ses 9 tonnes et ses 2,40m de tirant d'eau sur son mouillage dans la première baie.
Toute cette réflexion par écrit m'amène à penser que le bateau est bien moins important que ce que l'on veut faire au moyen d'un bateau: la plupart du temps, son programme, ses ambitions, ou ses joies de naviguer ( ou de pêcher, ou de régater: j'ai éprouvé d'intenses plaisirs à faire le championnat "international" des Cazavants à l'île de Ré, ou le "prix Camembert", ou prendre de bons départs dans des régates locales de "Laser" - seulement des départs, car les voiles des bateaux du club étaient tellement pourries que je ne pouvais pas "tenir" les autres au près- peu importe, l'ambiance et le plaisir y étaient) demandent un bateau bien moins coûteux et encombrant que ce que les fabricants voudraient faire acheter. Mais après tout, chacun est libre de rouler en Ferrari sur une route départementale limitée à 90km/h, circuler avec un gros "4x4" dans les ruelles des vieux quartiers de Paris ( i l y a même eu un début de mode d'utilisation de tracteurs de semi-remorques américains, mais cela n'a pas "pris" - à cause des restrictions à la circulation des poids lourds? -)
et puis, comme disait l'un de mes premiers maîtres ès-navigation: "ça fait marcher le commerce"
Au fond, les questions du forume sont d'excellents "remue-méninges". En y réféchissant, voire en essayant d'y répondre, on clarifie et on précise plus ou moins ses propres notions,sa perception du monde de la mer et même du monde tout cout et , en y réfléchissant, cela permet d'épanouir son propre bonheur et sa qualité de vie.