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Pourquoi fait-on de la voile ?
Publié : jeu. mai 29, 2003 8:49 pm
par CE
Bonsoir
C'est vrai qu'il y a beaucoup de jugements rapides dans ces longs commentaires . C'est dommage , car le style n'est pas desagreable bien qu'un peu fastidieux a mon gout .
Pourquoi fait-on de la voile ?
Publié : ven. mai 30, 2003 11:18 am
par Basile
Cessez votre lutte fratricide, les amis.
L'auteur de ce "merdier" ne semble plus se connecter.
Pourquoi fait-on de la voile ?
Publié : ven. mai 30, 2003 12:22 pm
par Osmose
"J'ai connu un Baba qui a traversé 2 ou 3 fois l'Atlantique sans compas: il est vrai que la cible est large, même si celle des têtes de coraux ne l'est pas toujours. Il a donc un jour disparu"
Sorry, mais je vois pas bien...
On peut en effet parfaitement traverser l'Atlantique sans compas, dans une traversée océanique le compas est certainement, avec le sondeur, l'instrument le moins indispensable. Et il n'y a pas de coraux au milieu de l'océan Atlantique. Si tu as un sextant, ou un GPS maintenant, si tu sais que le soleil se couche (à peu près) à l'ouest, c'est mieux que d'avoir un compas et pas les courbes de déclinaisons, par exemple...
Sorry Basile, mais ça m'a attiré dans mon attention :lol:
Pourquoi fait-on de la voile ?
Publié : ven. mai 30, 2003 12:34 pm
par Basile
Slocum aussi a disparu, si je ne me trompe pô.
J'ai appris un nouveau mot, les mecs :lol:
Pourquoi fait-on de la voile ?
Publié : mar. juin 03, 2003 3:37 pm
par piccolo
Bonjour Windjammer, Bonjour les autres,
Que de belles phrases, et surtout que rajouter d'autre ? Après un petit périple de deux jours sur la cote vermeille, et 2 petits aterrissages Port Vendres et Collioure, me voici de retour. Ah Collioure la nuit, avec tous les feux, ceux qui éclairent le chateau et l'église, ceux du port, citadelles dans la nuit.. ... Et l'annexe-stop ... et les gentils voisins... Ah oui, c'était une belle navigation. Brise de mer force 4/5, visibilité impeccable, et dormir à Collioure, sans bruit -ah si, on entend le train, mais loin derrière la montagne-, écouter les voisins anglais, sympathiques, qui vous parlent de leur vie dans leur beau pays, et manger des moules-frites...! Quel régal. J'ai quand même réussi à perdre mon ancre plus aussière plombée, que j'ai vite récupéré, à la faveur d'une paire de palme, et masque -prêté par un voisin-. Et puis le bain du lendemain matin dans la baie, les commandos qui s'entrainent à faire du franchissement, avec leur Zodiac sur les épaules, sous les ordres d'un lieutenant pressé, le nettoyage du bateau sous l'eau -pas de repos pour les algues-... Bon enfin bref, c'était bien. Deux tortues de mer furent aperçues pendant le retour, à environ 400m de la plage. Leurs mouvements désordonnés en surface me firent penser qu'elles étaient blessées par un de ces chauffards des mers. Elles sondèrent à notre approche, et sous l'eau, j'eus l'impression qu'elles allaient plus vite, que leurs nageoires allaient mieux. Mon emploie du temps me laisse peu de repos pour aller dormir dans les autres ports, et là, miracle j'ai pu le faire. Et bien croyez moi ou pas, c'est comme si je m'étais exilé sur une ile une semaine, loin de mes bases. Et cela fait le plus grand bien, tant au corps qu'à l'esprit. Et si faire de la voile permettait tout simplement de se sentir 'ailleurs', au rythme des escales ? Bon je vous laisse, et vous souhaite à tous une bonne semaine.
pourquoi fait-on de la voile?
Publié : dim. juin 08, 2003 7:02 am
par Windjammer
bonjour piccolo, bonjour à tous,
il semblerait que ce soit aussi pour pondre des messages sur un forum.
En tout cas, après un bon week-end ( au Quebec on dit "fin de semaine", ça sonne aussi bien) , c'est -à - dire 80 km à vélo , suivi d'une nuit de fête, et bien entendu des milles à la voile, suffisamment pour ne plus entendre de moteur, je reviens saluer les navigateurs en bateau, ceux en fauteuil, les barreurs de bar et même ceux qui s'obstinent à donner des raisons aux acharnés qui veulent à tout prix imposer un "permis-voile" ( d'autant que cela existe dans d'autres pays) . Au moins, cela apprendra à certains qu'il est indiqué (même si c'est obligatoire) d' avoir un compas pour traverser l'Atlantique, parce que si , au milieu , le risque est mince, il vaut mieux ne pas faire l'arrivée sur un caillou, et puis, si l'on sait de quoi on parle, il faut suivre un cap défini, donc utiliser un compas pour "transporter" les droites de hauteur. Un sextant, ce n'est pas un gri-gri, il faut qu'il soit réglé au banc, et muni de sa table de corrections, vérifié de temps en temps en route; il faut savoir s'en servir. L'"état" de la montre doit être à jour: la mienne, une 'Lip" publicitaire, varie très régulièrement de 4 secondes par mois, à l'instar de la plupart des "tocantes" courantes actuelles; nécéssairement étanche. 4 secondes de temps correspondent à 4 milles de longitude, comme chacun sait, raison suffisante pour ne pas être négligent ou approximatif.
Si on casse ou perd la montre ( et qu'on en a pas une deuxième fixée sur ou devant la table à cartes) on peut tenter un "atterrissage en latitude"
sur la côte Sud ou Nord d'une île, ou dans un estuaire large orienté Ouest-Est). Cela exige une estime très précise du fait du laps de temps entre deux méridiennes, et c'est une option risquée.
Avant les montres à quartz, les splendides et coûteux "chronomètres de marine" variaient souvent d'une seconde par jour, et il fallait les traiter avec autant de précautions qu'un verre en cristal. Aux escales on allait "chercher le temps" auprès des bateaux mieux outillés qu'étaient les cargos et les bateaux militaires.
Et puis, si le temps est bouché à 24 heure de l'atterrissage ( et j'ai vu pire), il vaut mieux avoir un bon compas bien compensé, avec une bonne table de déviations, et un équipage qui tient son cap. ( expériences personnelles de rentrée à Sète sans visibilité par temps de Sud-Est, en faisant l'atterrissage et la rentrée dans le port au moyen d' intercalaires de sonde, du raz de Sein dans le brouillard, avec 400m de visibilité, tout à l'estime - suite à une panne de GPS -, d'une arrivée de la Corogne à l'île de Ré dans la brume, avec atterrissage par la radio-gonio et une estime serrée,et travail en approche sur les lignes de sonde corrigées en fonction de la marée, parce que c'est comme ça...)
Slocum a disparu en mer, nul ne sait comment; Tabarly aussi, qui avait maîtrisé des situation bien plus difficiles que celle où il s'est laissé surprendre; le physique de Jean Gau ne l'a plus servi, après qu'il ait subi une hémorragie cérébrale et, faute de pouvoir prendre des décisions adaptées, puis de maîtriser son bateau malmené par la mer,il a perdu ce petit ketch en bois, de 9 m. avec lequel il avait fait 2 tours du monde1/2 et 11 traversées de l'Atlantique ; Colas s'est perdu, probablement dépassé pour une fois par les forces énormes du vent et de la mer sur son grand trimaran. Chacun, ainsi que bien d'autres, a atteint ses limites, mais sans les avoir choisies. Deux marins de la marine marchande, Louis Bernicot et Jacques Yves Le Toumelin ont réalisé, chacun sur un bateau de sa conception, un tour du monde presque parfait, ce qui ( mais c'était leur intention ) n'était pas fait pour remuer les foules. Pendant la traversée de l'Atlantique, Bernicot s'est fabriqué une grand-voile, en barrant avec le pied, la grand-voile d'origine montrant quelques faiblesses. Le Toumelin ("take no chance: safety first") a fait son tour du monde sans moteur, pour ne pas faire de trous dans la coque de son "bateau idéal" ; au voyage suivant , il a fait installer un moteur. Bernicot est mort à Bordeaux peu après un retour de Casablanca. Le Toumelin s'est installlé à terre.
Raison suffisante, pour nous, qui n'avons pas l'envergure de ces grands hommes de mer, de ne pas être inconséquents. Nous naviguons pour notre plaisir, et pas nous faire peur, non plus qu'à nos invités, ni pour détruire notre matériel ou perdre la vie.
qu'il y ait des masos ou des inconscients ne serait pas notre problème si ces cas particuliers ne stimulaient pas le zèle d'administratifs et de réglementeurs qui n'en finissent pas de serrer le carcan : lorsqu'il leur tombe dans les mains les statistiques des interventions de sauvetage, * leurs yeux pétillent et ils commencent à ce demander ce qu'ils pourraient rajouter - pour notre bien assurément - Et quand on voit les fourvoyés qu'on ramasse en mer, on ne trouve guère d'arguments à opposer à ces "visseurs".
* j'ai vu, pour un incident mineur -un gros dériveur chaviré à 300 m du port de Saint Martin de Ré, et rentré dans les 10 minutes par un petit chalutier local - 4 sorties de sauvetage: les gendarmes, qui n'ont pas eu le temps de mettre leur Zodiac à l'eau, les pompiers, même chose, la vedette des Douanes, qui est venue faire un tour, et finalement la grande vedette garde-pêche des Affaires Maritimes. Bilan:1 sortie supplémentaire pour chacune de ces administrations, au-demeurant estimables et très utiles en d'autres circonstances. Ce n'est pas la seule intervention du même genre dont j'ai été témoin.
Ah! la côte catalane! Une bouffée de vent ou de brise pour faire un saut de puce, une escale port ou mouillage pour en prendre plein les yeux, une mini-randonnée pour attendre qu'Eole souffle dans le bon sens, et ainsi de suite! Si les îles du Nord de la Thyrrénienne et la Corse ne m'accaparent pas trop cet été, je me ferai tirer par le Mistral et la tramontane jusqu'à Collioure, et peut-être plus loin. En attendant , il y a la "webcam " de Collioure qui attise des envies de vacances.
bon vent à tous ( force 3 portant)
Pourquoi fait-on de la voile ?
Publié : mar. juin 10, 2003 6:03 am
par Osmose
Bonjour WindJammer,
tu sais, quelle que soit la qualité de ton expérience et de tes interventions, le pire serait que tu te poses en donneur de leçons, ce qui est tout à fait mal vécu dans la vie en général, mais peut-être encore plus sur un forum, où les mots, bruts, crus, noirs sur blancs, ne sont pas accompagnés des sourires et autres signes physiques qui peuvent les pondérer, les expliquer, les nuancer. Et faire dire aux autres ce qu'ils n'ont pas écrit n'est pas une attitude bien digne, à mon avis. Le faire, qui plus est, de manière ironique et moqueuse peut être mal perçut.
Bien sur qu'il est 'indiqué' d'avoir un compas pour traverser l'Atlantique. Je n'ai pas écrits le contraire. J'ai écrits qu'en traversée, le compas est un des instruments dont on peut le plus facilement se passer, et qu'une traversée sans compas n'est pas un 'exploit'. En fait, avec un GPS, le compas est même singulièrement inutile... Avec un sextant, et seulement un sextant, il n'est pas bien compliqué de descendre reconnaître les îles du Cap Vert et de faire de l'ouest, avec de simples méridiennes : tu arriveras bien de l'autre côté, en restant sur la latitude du Cap Vert. A la limite, dans les alizés, qui sont tout de même très constants en direction à l'échelle d'une journée et en visant le soleil au coucher, tu y arriveras même sans sextant, ni GPS, ni compas. Mais d'accord que c'est un partis pris de dénuement total. Pourquoi pas ?
A +
Pourquoi fait-on de la voile ?
Publié : jeu. juin 12, 2003 12:08 am
par tschai
Ouuuhaaaaouuuuuu
Ca se trouve le donneur de leçon nous balance sa purée via son Fleet77 connecté à 64Kbps en MPDS depuis son méga yacht mouillé dans le Léman avec plein d'uniformes qui lui cire le compas.... et le sextan tout bronze, ouuuhaaaaooouuuuu la classe!
A force de vouloir noyer le poisson on s'enlise...... dans les laminaires.... à marée montante....gloups! :P
A plus
_/)
Pourquoi fait-on de la voile ?
Publié : jeu. juin 12, 2003 8:09 am
par Windjammer
Il est intéressant de voir comment certains se sentent tellement visés qu'il leur faut l'avouer avec une virulence à la hauteur de leur incompétencel.
J'en récupère parfois l'été, non loin de la côte, suite à une drisse qu'ils ont laissé échapper ou coincer, une clavette d'hélice qu'ils ne savent pas remettre , ou une "tempête" de force 5.
il vaudrait mieux qu'ils se reconvertissent au golf , (ou à la pétanque, le golf, ça coûte!) mais là encore il faut apprendre.
ce n'est pas avec ces ces indécrottables cul-terreux que je partage ce que je sais de la mer
qu'ils ne s'inquiètent pas: ils ne m'intéressent en rien, et leur tentative de jouer les "intellectuels" ( encore qu'être intellectuel, c'est savoir s'exprimer) ne me fait pas même hausser un sourcil.
que ce soit entendu
qu'ils baignent à jamais dans leur jus!
terminé pour la mise au point ( définitive) , nous allons maintenant passe aux choses sérieuses.
Pourquoi fait-on de la voile ?
Publié : jeu. juin 12, 2003 9:12 am
par Windjammer
Bonjour, Amiral
avec ma sympathie et ma considération, surtout si tes étoiles sont celles de la Petite Ourse et de la Croix du Sud ( cela fait plus de 5, mais qu'importe?)
Rassures-toi, je ne donne jamais de leçons, je les fais payer. Dans ce forum, je fais part d'expériences et de connaissances personnelles ou provenant d'autres (que j'accueille toujours, dans ce cas, avec intérêt, en tant qu'acquis, ou comme base de réflexions ).
La mer et la navigation sont des milieux riches et complexes.
Lorsque je vois certains " à l'oeuvre" , ou que je lis les énormités, voire parfois les monuments d'ignorance ou d'inconscience qu'ils expriment fièrement, je "tends la perche",pour faire réfléchir.
Tous ceux qui ont assez longtemps navigué ont passé par au moins un moment où ils se sont promis "si j'en sors vivant, je ne rembarquerai plus jamais!" . En entendant ce très grand marin qu'est Ellen Mac Arthur pleurer et crier de désespoir "mais qu'est-ce que je suis venu faire ici!" j'ai revécu un autre moment où j'étais dans le même état.
Lorsque je vois certains, ou lis leurs propos, je ne peux m'empêcher de penser que, dans un coup dur, ils ne pourront pas s'en sortir.
Une faille culturelle fait semble-t-il croire à certains que la mer est (peut-être par l'absence de "clôtures?") un terrain de jeu totalement libre.
De fait, la liberté propre à la mer n'est qu'acquise par la connaissance et la maîtrise des contraintes que sont les éléments naturels: vents, vagues, courants, marées, brumes et brouillards; la maîtrise de son embarcation dans toutes les configurations de manoeuvres; les limites de son propre corps et la gestion de la fatigue. Ajoutez-y les contraintes législatives et réglementaires, trop nombreuses et tatillonnes certes, mais elle existent, et vous pouvez situer cette liberté: à l'intérieur de ses limites, de plus en plus étroites, comme celles de toute liberté.
La navigation de plaisance que nous pratiquons fait preuve d'une spécificité bien française, dûe à l'époque où les voiliers de plaisance étaient relativement rares, et , pour la plupart pourvu d'un équipage salarié d'"inscrits maritimes", autrement dit de vrais professionnels (lire ou relire "sur l'eau" de Guy de Maupassant): le propriétaire ou le locataire d'un voilier de plaisance dont "le rapport de la surface de la voilure de route en mètres carrés à la "puissance administrative" du ou des moteurs est supérieur à 2" bénéficie d'une tolérance qui lui confère les privilèges, avantages, accueil, aide si besoin est, de capitaine du navire; mais aussi les obligations législatives, réglementaires, fiscales, internationales, maritimes, etc... et une obligation prioritaire de sécurité (à l'origine de la fameuse "entraide des gens de mer" ,qui exercent leur activité dans un milieu naturel souvent très dur).
( à suivre )