et pourquoi les femmes, en majorité (sauf peut-être en Bretagne ou en Angleterre ) n'aiment pas la voile ?
d'abord merci piccolo, confrère en bateaux en bois, ce voiliers qui qui ne sentent pas le Styrène, font des bruits, des grincements de bateau en bois, un langage qu'un skipper fidèle et attentif finit par comprendre; et gardent de la chaleur au coeur et au corps, relient à la forêt d'où ils viennent, et au talent de l'artisan ou de l'ouvrier qui les a faits.
Je ne résiste pas à envoyer un mot d'Henry de Monfreid qui m'est revenu à l'esprit et me paraît dans le ton général de ce thème:
"J'aime aller vers l'inconnu, faire une chose qui me plaît, et vivre la vie libre que seule donne la mer".
Ce magnifique libertaire, même s'il a fini sa vie dans son château; après avoir écrit environ 60 livres - et enregistré un disque ( chez Philips)-, n'a jamais accepté de contrainte administrative ni idéologique, ce qui l'a amené à se frotter à toutes les autorités douanières et policières de la Mer Rouge, bouffer pendant des années de la vache enragée alors même qu'il commençait à être bien connu et lu, être interné par les Anglais pendant la dernière guerre pour avoir dit que le Négus était une fripouille
( et pourquoi,même si ce n'est pas "politiquement correct" ne pas pouvoir dire qu'une fripouille est ce qu'elle est?), ce qui ne l'a pas empêché de dédicacer ses livres à la fête de l'Huma en 1968. Et de refuser toute autre voiture que la 2 chevaux Citroën, dont il a usé 11 exemplaires : ceci pour situer le personnage qui , jusqu'àprès sa rencontre avec Joseph Kessel, vivait sur un vieux boutre qui n'aurait jamais été accepté en 4° catégorie et naviguait avec l'équipage au rappel , en se frottant aux diverses autorités ainsi qu'aux trafiquants, chefs de tribus, marchands d'esclaves et pirates , les uns et les autres largement représentés dans les traditions locales.
A lire quand un de ses bouquins tombe sous la main - à ne pas prêter car ce sont des livres qui ne reviennent point. "Le feu de Saint Elme" , publié au livre de poche en 1978 , résume toute sa vie; c'est le livre que je sauverais si je faisais naufrage, une fois les passagers mis en sûreté, laissant à la mer ce qui est remplaçable.
le sujet proposé par notre sociologue est vraiment énorme: c'est une porte ouverte où pourrait s'engouffrer un ouragan.. Si je me suis attardé sur Monfreid, c'est qu'il a attiré vers les mers lointaines quantité de gens qui ont un jour laissé le béton et les courtes amarres des "marinas", le confort et "la sécurité" (quelle sécurité? :8 à 10.000 morts - voici quelques années-, 30.000 fauteuils roulants et environ 240.000 blessés -par an- 2.000 "accidents de vacances" - 500.000 "accidents domestiques" il y a de quoi être perplexe).
Pourquoi fait-on de la voile ?
Pourquoi fait-on de la voile ?
Malgré un lumbago extrêmement douloureux qui faillit me noyer hier, sous une petite brise de mer, au demeurant très agréable, et aujourd'hui, la même brise, en force 6, et un aller simple vers Collioure, magnifique petit port aux décolletés somptueux, et culottes portées court, surtout pour les filles, je me décide à vous répondre, en évitant les citations, car elles m'obligeraient à ouvrir mes livres, ce qui est contraire à l'esprit tordu de mon dos, ici et présentement.
D'abord, j'avais entendu parler de H. de Monfreid, j'ignorais quel esprit c'était, bien cependant. Je relève donc le titre de ce livre, et suis sur que si vous en parlez, ce n'est pas pour rien.
Mon livre préféré sur la mer, celui que je voudrais garder, est un livre délirant, à chaque phrase si ce n'est à chaque paragraphe, et je l'ai trouvé au Croisic, loin de mes bases. Essayez donc 'Le bateau qui ne voulait pas flotter', de Farley Mowat, vous m'en direz des nouvelles. Il est de la même trempe que 'Pourquoi j'ai mangé mon père', de Roy Levis, c'est tout dire. Les livres de Annie Van de Wiele, sont drôles et futés, quant au livre qui m'a passionné dernièrement, c'est l'excellent 'Tragédies de la mer', de F. le Bellec. L'on y apprend notamment comment nos petits et malingres explorateurs européens étaient accueillis par les indigènes, dans les iles tropicales, du pacifique et d'ailleurs : le narrateur explique notamment que passé le moment de la rencontre, les autochtones n'avaient qu'une idée en tête : se mesurer à ces soi-disants blancs, pour voir s'il y avait du divin chez eux. Autrement dit, cela se terminait souvent mal, pour le petit blanc descendu de sa goélette, avec ses cadeaux et ses inventions. A lire. Salut.
D'abord, j'avais entendu parler de H. de Monfreid, j'ignorais quel esprit c'était, bien cependant. Je relève donc le titre de ce livre, et suis sur que si vous en parlez, ce n'est pas pour rien.
Mon livre préféré sur la mer, celui que je voudrais garder, est un livre délirant, à chaque phrase si ce n'est à chaque paragraphe, et je l'ai trouvé au Croisic, loin de mes bases. Essayez donc 'Le bateau qui ne voulait pas flotter', de Farley Mowat, vous m'en direz des nouvelles. Il est de la même trempe que 'Pourquoi j'ai mangé mon père', de Roy Levis, c'est tout dire. Les livres de Annie Van de Wiele, sont drôles et futés, quant au livre qui m'a passionné dernièrement, c'est l'excellent 'Tragédies de la mer', de F. le Bellec. L'on y apprend notamment comment nos petits et malingres explorateurs européens étaient accueillis par les indigènes, dans les iles tropicales, du pacifique et d'ailleurs : le narrateur explique notamment que passé le moment de la rencontre, les autochtones n'avaient qu'une idée en tête : se mesurer à ces soi-disants blancs, pour voir s'il y avait du divin chez eux. Autrement dit, cela se terminait souvent mal, pour le petit blanc descendu de sa goélette, avec ses cadeaux et ses inventions. A lire. Salut.
Pourquoi fait-on de la voile ?
Effectivement, mon bateau ne sent pas le styrène, dieu merci, de relents d'alcool, par contre, même si les coursives sont rares, existent bel et bien. Il faut dire que j'essaie d'avoir une bonne bouteille, pour les copains de passage qui me parlent de la santé de leur meilleur ami. Je sais à leur humeur comment va leur bateau, et c'est toujours un plaisir, que d'être et d'accueillir à bord. Pour ce qui est du sujet proposé, il est exact que ce sujet est vaste, récurent aussi, puisqu'entre équipiers, on demande toujours aux copains pourquoi ils ont décidé d'acheter un bateau, ou de se mettre à la voile. A ce propos, j'ajouterai que le fait d'avoir un bateau, n'est pas un acte gratuit. De nombreux plaisanciers, lorsque l'on approfondi le sujet, et que l'on creuse un peu les vernis, vous parlent d'un traumatisme passé, qui a contribué à les pousser vers le bateau : la mer c'est l'eau, donc la vie et ses origines, source de tout le reste. Quant au bateau, c'est le ventre de la mère, le lieu de sécurité absolu, avec la vie tout autour. Dormir dans un voilier au mouillage, c'est s'assurer de faire des rêves de nouveau-né, on oublie de le dire. Je me souviens des nuits passées dans mon quillard, elles furent sources de bien des rêves d'enfant... Donc le voilier, c'est la symbolique de la 'mère', relié à la symbolique de la vie, dans ce qu'elle a de plus grand. Rien de moins.
Un sujet intéressant à devellopper aussi, aurait été la 'psychologie des plaisanciers, et la manière dont ils traitent leur bateau', car ici, je vois de tout...
Pour ce qui est du dernier paragraphe, du confort et de la sécurité auprès desquels, les gens seraient tentés de se réfugier, cela me fait penser à un copain, qui vient de se construire un bateau énorme, en boix-epoxy bien sur, bateau destiné à faire du hauturier. Ce copain m'avouait il y a peu que de nombreux pays allaient être évités, en raison de l'insécurité qui y règne, et des risques d'abordage qu'il redoutait pour son bateau. Donc pas d'alarmisme, mais il vaut mieux balancer parfois sagement le long de ses aussières, que de risquer d'être abordé, dans un pays à la noix... Maintenant, quoi de plus beau que de voyager, et de découvrir le monde ...? Bonsoir.
Un sujet intéressant à devellopper aussi, aurait été la 'psychologie des plaisanciers, et la manière dont ils traitent leur bateau', car ici, je vois de tout...
Pour ce qui est du dernier paragraphe, du confort et de la sécurité auprès desquels, les gens seraient tentés de se réfugier, cela me fait penser à un copain, qui vient de se construire un bateau énorme, en boix-epoxy bien sur, bateau destiné à faire du hauturier. Ce copain m'avouait il y a peu que de nombreux pays allaient être évités, en raison de l'insécurité qui y règne, et des risques d'abordage qu'il redoutait pour son bateau. Donc pas d'alarmisme, mais il vaut mieux balancer parfois sagement le long de ses aussières, que de risquer d'être abordé, dans un pays à la noix... Maintenant, quoi de plus beau que de voyager, et de découvrir le monde ...? Bonsoir.
-
Windjammer
- Messages : 2
- Inscription : ven. avr. 11, 2003 4:55 pm
Pourquoi fait-on de la voile ?
Tout à fait d'accord: j'ai commencé à ressentir fortement cette sensation d'abri, même précaire -elle est forte quand on descend à l'intérieur, même si cela tabasse dehors- lorsque j'ai pris mes habitudes sur le "Lys noir",lors de sa résurrection à Bordeaux. Impression de ce que; même à 1 mètre du quai, on était en un autre monde, comme dans une sorte d'oeuf ou de matrice, et parfaitement protégé, totalement isolé de cette vie urbaine "pleine de bruit et de fureur"
pour ce qui est de la convivialité,j'ai spontanément adopté le principe que toute personne intéressée, marin ou terrien,est la bienvenue à bord: aux escales, il y a toujours au moins du café , et mieux si possible pour l'arrivant, qu'il soit plaisancier, touriste intelligemment curieux (il y en a ) marin du commerce ou de la pêche, voire militaire, ou même douanier.C' est d'ailleurs pratique courante: la galère cosaque qui fait régulièrement le tour de l'Europe reçoit qui vient, mais en faisant comprendre qu'il faut apporter le vin, tant l'équipage ést pauvre ( mais riche d'amitié et de musique); de plus on était reçu avec un coup de canon jusqu'à ce qu'un jour ce dernier explosât à la figure du cannonnier.A Lanzarotte, lors de ma première arrivée, de nuit, l'équipage d'un thonier espagnol a tout de suite pris mes amarres, et aussitôt invité à la "fiesta" (sardines grillées et vin rouge sans modération) qui se déroulait à bord. Après quoi je les ai invité à bord: 11 marins-pêcheurs dans le carré, cela faisait du monde (quand, au moment des "toasts", ils se sont écriés ensemble "Viva Pompidou" -le président français d'alors, cela a été du délire!) mais j'ai vécu ce genre d'anecdotes par dizaines dans toutes les escales.
Je trouve d'ailleurs la vie sociale des escales riche et trés intense, c'est l'un des aspects de la navigation qui me manque le plus quand je m' "enterre". Comme me disait à Cuba le capitaine d'un cargo Est-Allemand: "tous les marins du monde sont frères" ( sans doute parce qu'égaux et humbles devant la mer, tant le plus grand est tout petit devant sa puissance ).
Sans doute aussi parce qu'aux escales, on rencontre des gens extrêmement intéressants par leur personnalité,leur vécu, leur expérience, leurs qualités humaines,. On voudrait ne pas les perdre de vue, et l'on sait que dans quelques heures, quelques jours, les sillages suivront un cap différent, souvent pour toujours. Parfois, au hasard d'une escale ,on a des nouvelles indirectes par tel ou tel navigant, qui les a rencontrés ou en a entendu parler . Il y a des gens presque interchangeables, d'autres que l'on ne peut oublier; alors, il me plait de paraphraser le général Mac Arthur " les vieux marins ne meurent jamais, ils s'évanouissent seulement vers l'horizon". Aussi, faute de pouvir retenir la "miette d'éternité" on la remplit le plus possible pour ne pas regretter d'en avoir omis une seule minute.
Généralement, on "reconnaît" très vite les gens de bateaux sympathiques, et, dans cette catégorie, n 'intervient ni la différence de condition sociale, ni le genre ou la taille du bateau. Les autres s'excluent d'eux-mêmes. Philippe Dauchez , à 85 ans, ne sortait plus du port, mais il venait sur son voilier qu'il avait dessiné et construit lui-même avant-guerre, et l'entretenait avec soin. Alors je l'embarquais sur mon bateau avec, pour faire bonne mesure deux amis à lui. Des années auparavant, j'avais rêvé pendant des heures devant ses articles et ses dessins dans les anciens "cahiers du yachting".
Avantage d'un bateau par rapport à une maison "en dur" ( j'ai une maison en dur, après-tout on est né sur terre ), c'est qu'en cas de voisins imbuvables , il n'est pas difficile d'aller mouiller un peu plus loin.
Quant a être "précautionneux", c'est ce qui fait les vieux marins depuis que la navigation existe. Les "Instructions nautiques", c'est très bien, les "Pilots" anglais, c'est encore mieux, ceux pour touristes, c'est trop touffu;
mais on en apprend beaucoup en parlant avec les marins professionnels, les plaisanciers au longs cours qui reviennent, les pêcheurs, les gens du pays. Je fais particulièrement attention au problèmes sanitaires et politiques: se faire dévaliser, estourbir, pirater n'est pas vraiment pour moi une activité de plaisance, même si cela procure des histoires à raconter. Ou revenir avec des amibes, ou la malaria ou encore d'autres désagréments. A ménager aussi - et pour cela il faut connaître ceux du moment , les us et coutumes, tabous et susceptibilités locales: je pars du principe que les gens du pays ne sont pas venus me chercher, et donc que je n'ai pas à les troubler ou les provoquer, sauf à n'être qu'un sagouin.
J'ai dû lire il y a pas mal de temps quelques extraits du "bateau qui ne voulait pas flotter" dans une revue dont je je me souviens plus si elle est française ou anglaise . Mais je n'ai pas encore lu tout ce qui'il m'eut plus de lire, généralement faute de disponibilité ( au singulier ou au pluriel du moment) Même chose pour Annie Van de Wiele, si ce n'est "Pénélope était du voyage". Par contre, j' ai trouvé chez un soldeur et pour 0,75€ le bouquin d'Ann Davidson ( qui a perdu son mari, dépassé par son bateau trop grand dans un vent trop fort, sauvée in extrémis gâce à un petit radeau de sauvatage en liège, et qui, par la suite a retapé un canot de sauvetage de cargo et traversé l'Atlantique avec,ce qui en a fait la première navigatrice transatlantique en solitaire. )
Evidemment Jack London, aventurier de haute volée et écrivain de grand talent, avec des récits très vivants sur les aventuriers des goelettes et des sloops d'aventuriers du Pacifique. Je garde dans ma cave deux bouteilles de Glen Ellen (conservées en hommage à cet auteur que je place très haut, tant comme personnage que comme écrivain.-) la propriété dont il est mort, ruiné financièrement et psychiquement par un incendie.
A propos de contact entre les Blancs et les "civilisations anciennes": deux auteurs remarquables: l'amiral Pâris, fondateur du Musée de la Marine de Paris, qui, outre des cartes et des relevés topographiques, a fait dans les 600 dessins précis de voiliers de vieille tradition, dont des voiliers orientaux et océaniens; et le travail extraordinaire du RP.Neyret, missionnaire Mariste, qui pendant 30 ans a étudié, dessiné la plupart des pirogues multiples océaniennes, en a fait construire et naviguer pour en étudier la manoeuvre et le fonctionnement.
( je suppose que le missionnaire n'vait pas de grands moyens, la photo devait coûter plutôt cher, à moins qu'il n'ait pas voulu se charger du matériel encombrant et fragile nécéssaire, telles les plaques en verrre , les cuves et les produits chimiques - de plus instables à la chaleur -)
Nos multicoques sont nés de ces travaux, et jusqu'en 1980, à l'exception de quelques engins de vitesse pure en eau protégée et du petit trimaran australien expérimental "Maui" de 6,50m hors-tout, les plus rapides pirogues traditionnelles surpassaient en vitesse les multicoques modernes.
Jack London relate comment les "Blancs" réagissaient, lorsque l'un d'eux avait des ennuis avec les autochtones: ll'une des "puissances" (il semble que cela ait surtout été la spécialité des Américains- envoyait un aviso (qui s'appelait à l'époque une "cannonière") tirer quelques obus sur le village fautif.. Les habitants, très perspicaces et "en phase" avec ce qui se passait sur la mer étaient tous à bonne distance quand le bateau arrivait. Après son départ, ils venaient ramasser les quelques cochons tués par le bombardement, les mettaient à rôtir pour faire la fête, et allaient couper quelques branches de cocotiers pour boucher les trous dans les parois et les toits des cases.
Il existe, pour un très bon résumé des origines , des principes et de la manoeuvre des multicoques , ainsi que des débuts de leur évolution (jusqu'en 1980, dans le bouquin de Gérald Basseporte et Etienne Gaucher ( Nathan 1980 ) on ne peut le trouver que d'occasion.
Ces bouquins"introuvables" peuvent ( avec de la patience ) se trouver chez les soldeurs, les marchands de livres d'occasion. J'en ai acheté également sur Internet, par le site d'enchères "e.bay".. De plus,ils sont souvent peu chers: j'ai trouvé le très bel "Océane" de Florence Arthaud, pour 3,80€.
c'est l'heure du "quart d'en bas"
Bonsoir
pour ce qui est de la convivialité,j'ai spontanément adopté le principe que toute personne intéressée, marin ou terrien,est la bienvenue à bord: aux escales, il y a toujours au moins du café , et mieux si possible pour l'arrivant, qu'il soit plaisancier, touriste intelligemment curieux (il y en a ) marin du commerce ou de la pêche, voire militaire, ou même douanier.C' est d'ailleurs pratique courante: la galère cosaque qui fait régulièrement le tour de l'Europe reçoit qui vient, mais en faisant comprendre qu'il faut apporter le vin, tant l'équipage ést pauvre ( mais riche d'amitié et de musique); de plus on était reçu avec un coup de canon jusqu'à ce qu'un jour ce dernier explosât à la figure du cannonnier.A Lanzarotte, lors de ma première arrivée, de nuit, l'équipage d'un thonier espagnol a tout de suite pris mes amarres, et aussitôt invité à la "fiesta" (sardines grillées et vin rouge sans modération) qui se déroulait à bord. Après quoi je les ai invité à bord: 11 marins-pêcheurs dans le carré, cela faisait du monde (quand, au moment des "toasts", ils se sont écriés ensemble "Viva Pompidou" -le président français d'alors, cela a été du délire!) mais j'ai vécu ce genre d'anecdotes par dizaines dans toutes les escales.
Je trouve d'ailleurs la vie sociale des escales riche et trés intense, c'est l'un des aspects de la navigation qui me manque le plus quand je m' "enterre". Comme me disait à Cuba le capitaine d'un cargo Est-Allemand: "tous les marins du monde sont frères" ( sans doute parce qu'égaux et humbles devant la mer, tant le plus grand est tout petit devant sa puissance ).
Sans doute aussi parce qu'aux escales, on rencontre des gens extrêmement intéressants par leur personnalité,leur vécu, leur expérience, leurs qualités humaines,. On voudrait ne pas les perdre de vue, et l'on sait que dans quelques heures, quelques jours, les sillages suivront un cap différent, souvent pour toujours. Parfois, au hasard d'une escale ,on a des nouvelles indirectes par tel ou tel navigant, qui les a rencontrés ou en a entendu parler . Il y a des gens presque interchangeables, d'autres que l'on ne peut oublier; alors, il me plait de paraphraser le général Mac Arthur " les vieux marins ne meurent jamais, ils s'évanouissent seulement vers l'horizon". Aussi, faute de pouvir retenir la "miette d'éternité" on la remplit le plus possible pour ne pas regretter d'en avoir omis une seule minute.
Généralement, on "reconnaît" très vite les gens de bateaux sympathiques, et, dans cette catégorie, n 'intervient ni la différence de condition sociale, ni le genre ou la taille du bateau. Les autres s'excluent d'eux-mêmes. Philippe Dauchez , à 85 ans, ne sortait plus du port, mais il venait sur son voilier qu'il avait dessiné et construit lui-même avant-guerre, et l'entretenait avec soin. Alors je l'embarquais sur mon bateau avec, pour faire bonne mesure deux amis à lui. Des années auparavant, j'avais rêvé pendant des heures devant ses articles et ses dessins dans les anciens "cahiers du yachting".
Avantage d'un bateau par rapport à une maison "en dur" ( j'ai une maison en dur, après-tout on est né sur terre ), c'est qu'en cas de voisins imbuvables , il n'est pas difficile d'aller mouiller un peu plus loin.
Quant a être "précautionneux", c'est ce qui fait les vieux marins depuis que la navigation existe. Les "Instructions nautiques", c'est très bien, les "Pilots" anglais, c'est encore mieux, ceux pour touristes, c'est trop touffu;
mais on en apprend beaucoup en parlant avec les marins professionnels, les plaisanciers au longs cours qui reviennent, les pêcheurs, les gens du pays. Je fais particulièrement attention au problèmes sanitaires et politiques: se faire dévaliser, estourbir, pirater n'est pas vraiment pour moi une activité de plaisance, même si cela procure des histoires à raconter. Ou revenir avec des amibes, ou la malaria ou encore d'autres désagréments. A ménager aussi - et pour cela il faut connaître ceux du moment , les us et coutumes, tabous et susceptibilités locales: je pars du principe que les gens du pays ne sont pas venus me chercher, et donc que je n'ai pas à les troubler ou les provoquer, sauf à n'être qu'un sagouin.
J'ai dû lire il y a pas mal de temps quelques extraits du "bateau qui ne voulait pas flotter" dans une revue dont je je me souviens plus si elle est française ou anglaise . Mais je n'ai pas encore lu tout ce qui'il m'eut plus de lire, généralement faute de disponibilité ( au singulier ou au pluriel du moment) Même chose pour Annie Van de Wiele, si ce n'est "Pénélope était du voyage". Par contre, j' ai trouvé chez un soldeur et pour 0,75€ le bouquin d'Ann Davidson ( qui a perdu son mari, dépassé par son bateau trop grand dans un vent trop fort, sauvée in extrémis gâce à un petit radeau de sauvatage en liège, et qui, par la suite a retapé un canot de sauvetage de cargo et traversé l'Atlantique avec,ce qui en a fait la première navigatrice transatlantique en solitaire. )
Evidemment Jack London, aventurier de haute volée et écrivain de grand talent, avec des récits très vivants sur les aventuriers des goelettes et des sloops d'aventuriers du Pacifique. Je garde dans ma cave deux bouteilles de Glen Ellen (conservées en hommage à cet auteur que je place très haut, tant comme personnage que comme écrivain.-) la propriété dont il est mort, ruiné financièrement et psychiquement par un incendie.
A propos de contact entre les Blancs et les "civilisations anciennes": deux auteurs remarquables: l'amiral Pâris, fondateur du Musée de la Marine de Paris, qui, outre des cartes et des relevés topographiques, a fait dans les 600 dessins précis de voiliers de vieille tradition, dont des voiliers orientaux et océaniens; et le travail extraordinaire du RP.Neyret, missionnaire Mariste, qui pendant 30 ans a étudié, dessiné la plupart des pirogues multiples océaniennes, en a fait construire et naviguer pour en étudier la manoeuvre et le fonctionnement.
( je suppose que le missionnaire n'vait pas de grands moyens, la photo devait coûter plutôt cher, à moins qu'il n'ait pas voulu se charger du matériel encombrant et fragile nécéssaire, telles les plaques en verrre , les cuves et les produits chimiques - de plus instables à la chaleur -)
Nos multicoques sont nés de ces travaux, et jusqu'en 1980, à l'exception de quelques engins de vitesse pure en eau protégée et du petit trimaran australien expérimental "Maui" de 6,50m hors-tout, les plus rapides pirogues traditionnelles surpassaient en vitesse les multicoques modernes.
Jack London relate comment les "Blancs" réagissaient, lorsque l'un d'eux avait des ennuis avec les autochtones: ll'une des "puissances" (il semble que cela ait surtout été la spécialité des Américains- envoyait un aviso (qui s'appelait à l'époque une "cannonière") tirer quelques obus sur le village fautif.. Les habitants, très perspicaces et "en phase" avec ce qui se passait sur la mer étaient tous à bonne distance quand le bateau arrivait. Après son départ, ils venaient ramasser les quelques cochons tués par le bombardement, les mettaient à rôtir pour faire la fête, et allaient couper quelques branches de cocotiers pour boucher les trous dans les parois et les toits des cases.
Il existe, pour un très bon résumé des origines , des principes et de la manoeuvre des multicoques , ainsi que des débuts de leur évolution (jusqu'en 1980, dans le bouquin de Gérald Basseporte et Etienne Gaucher ( Nathan 1980 ) on ne peut le trouver que d'occasion.
Ces bouquins"introuvables" peuvent ( avec de la patience ) se trouver chez les soldeurs, les marchands de livres d'occasion. J'en ai acheté également sur Internet, par le site d'enchères "e.bay".. De plus,ils sont souvent peu chers: j'ai trouvé le très bel "Océane" de Florence Arthaud, pour 3,80€.
c'est l'heure du "quart d'en bas"
Bonsoir
Pourquoi fait-on de la voile ?
Bonsoir Windjammer,
Je prends note à propos du livre d'A. van de Wiele, je possède 'Au fil de l'étrave', livre que j'ai trouvé en son temps très drôle. Quant au livre de F. Mowat, récit de navigations houleuses sur un bateau à écoper avant, pendant, et après la navigation, le tout à la main, c'est un livre touchant, drôle, et écrit avec finesse, ce qui est plutot rare. Je devrais ajouter aussi le livre de N. Philbrick, 'La véritable histoire de M. dick', qui narre non seulement l'hitoire du célèbre cétacé, mais en plus raconte la vie à l'époque des navires baleiniers, et la vie des marins de Nantucket, souvent aptes à ne jamais revenir de leurs pêches au large des côtes chiliennes -il faut dire qu'ils passaient dans les parages du Horn-. A lire absolument. Je trouve vos histoires intéressantes, et me demande parfois quel age vous pouvez avoir, pour en connaitre autant sur le sujet. Jeune navigateur, je ne peux me targuer d'en connaitre autant, et vous trouve sympathique. La navigation d'aujourd'hui fut intéressante. Surtoilé légèrement, j'ai pu avec l'aide de bons équipiers, 'faire' avec la bête, qui accepta tous nos caprices, sans broncher. De ce fait, elle reçu quelques compliments, pour sa vélocité, et pour sa tenue, à doubler de plus gros qu'elle. Bon vent à vous. Jm.
Je prends note à propos du livre d'A. van de Wiele, je possède 'Au fil de l'étrave', livre que j'ai trouvé en son temps très drôle. Quant au livre de F. Mowat, récit de navigations houleuses sur un bateau à écoper avant, pendant, et après la navigation, le tout à la main, c'est un livre touchant, drôle, et écrit avec finesse, ce qui est plutot rare. Je devrais ajouter aussi le livre de N. Philbrick, 'La véritable histoire de M. dick', qui narre non seulement l'hitoire du célèbre cétacé, mais en plus raconte la vie à l'époque des navires baleiniers, et la vie des marins de Nantucket, souvent aptes à ne jamais revenir de leurs pêches au large des côtes chiliennes -il faut dire qu'ils passaient dans les parages du Horn-. A lire absolument. Je trouve vos histoires intéressantes, et me demande parfois quel age vous pouvez avoir, pour en connaitre autant sur le sujet. Jeune navigateur, je ne peux me targuer d'en connaitre autant, et vous trouve sympathique. La navigation d'aujourd'hui fut intéressante. Surtoilé légèrement, j'ai pu avec l'aide de bons équipiers, 'faire' avec la bête, qui accepta tous nos caprices, sans broncher. De ce fait, elle reçu quelques compliments, pour sa vélocité, et pour sa tenue, à doubler de plus gros qu'elle. Bon vent à vous. Jm.
Moi aussi,
comme, Piccolo, je me demande qui peut être Windjammer, pour avoir autant de choses à raconter, autant d'expériences diverses, être capable de réflexions éclairées, et en plus et surtout, de les exprimer ici dans le meilleur Français !?
-
Windjammer
- Messages : 2
- Inscription : ven. avr. 11, 2003 4:55 pm
Pourquoi fait-on de la voile ?
Bonjour les amis!
C'est maintenant quand je suis "enterré" que je me répète " mais qu'est-ce que suis venu faire là ?" surtout quand je lis l'évocation de vos sorties..
Et Collioure, avec les filles, et le nombre incalculable de verres de Pastis que j'ai perdu en jouant à la Pétanque avec les pêcheurs (la Pétanque a de commun avec la navigation qu' on doit lui consacrer beaucoup de pratique pour être performant.)
Ce n'est pas la Marne, où je donne un coup de main au club de voile local en tant que moniteur, conseiller , technicien et relation publique avec la mairie, qui peut satisfaire mon "besoin de mer" (titre d'un bon livre d'Hervé Hamon Je ne suis pas totalement d'accord avec lui, il lui arrive de donner comme réalités quelques épais lieux communs, et pourquoi répéter comme une litanie des caractéristiques du livre des feux? C'est néanmoins un livre agréable à lire quand on aime la mer.)
Les eaux "terrestres" manquent de vagues, d'horizons, et de l'odeur de la mer.
Pour répondre à votre curiosité, vous savez bien qu'une femme après 30 ans, un homme après 50 ne se souvient plus très bien de son âge.
Quant au parcours, il a commencé dans des livres. Dès que j'ai su lire,
je me suis incrusté dans la bibliothèque de ma grand-mère qui, outre qu'elle cultivait ses champs, se cultivait avec la totalité des oeuvres de Jules Verne, dans l'édition Hetzel, et des livres sur l'Afrique, les Amériques, l'Océanie. Chez mes parents, je lisais les voyages de Magellan, les livres de Monfreid, de Kessel, de Loti, et déja Alain Gerbault.
Mon premier livre "à moi" a été "naufragé volontaire" dédicacé par Bombard. En réalisant que par les livres je voyageais dans l'espace et le temps, il m'est venu une avidité boulimique de lecture, qui a nourri celle de voir ce qu'il y avait au-delà du prochain tournant de la route.
Mes parents étaient des terriens invétérés.. Mon père avait un jour acheté un kayak à voile "Chauveau" pliant ( l'actuel "Nautiraid") et, comme beaucoup d' acheteurs de voiliers le font encore, en présupposant que l'achat de l'engin lui conférait, comme une sorte d'onction , la connaissance de son utilisation. En conséquence, il s'était retourné. Il lui était resté une peur viscérale de tout ce qui navigue., et je me rendais compte , sur mon côtre, bateau fort stable, qu' il vivait encore un peu la terreur de cette expérience. La pédagogie de mes explications en théorie du navire ne l' en ont jamais totalement délivré.
Pendant les années de lycée, j'étais "vissé". J'ai haï école et lycée jusqu'à ce que je découvre l'intérêt de ce qu'on y apprenait. Alors, j'ai rattrapé le retard. Pendant les vacances, par contre, j'avais la bride sur le cou. J'étais rarement à la maison. Par contre, on pouvait toujours me retrouver sur le port. A 17 ans , j'ai fait une fugue: j'ai embarqué comme "tire-écoutes" sur un thonier à voiles, armé en plaisance. Au retour, trop heureux de me voir encore vivant, mes parents ont oublié de me réprimander.
J'ai commencé à naviguer sérieusement, comme l'on sait, sur un "vaurien" en contreplaqué, puis j'ai progressé jusqu'au point de pouvoir assurer un jour, dans une entreprise terrienne, à des collègues impressionnés par le patron: "quand on a vu un force 10 en mer, on n'a plus jamais peur de personne" ( n'allez pas pour autant chercher ce force 10, vous pouvez me croire sur parole)
Une immense joie a été pour moi d'apercevoir, un jour, L'Afrique. Pendant des années, elle n'avait eu d'existence que dans ma tête... après quoi, les Antilles, l'Amérique, ce n'était que la suite logique; encore qu' à Antigua, après 26 jours de désert liquide et de roulis pendulaire obstiné ( le bateau était étroit et calait 2,4 m, et supportait un saumon de fonte de 4,5 tonnes), à peine le fer eut-il croché au fond du mouillage d'English Harbour , je me suis assis de saisissement et - je n'ai pas dit, je n'ai pas pensé le mot, c'était une immense sensation, quelque chose comme "que c'est beau! "- c'était LA beauté, j'étais dans la beauté j'en faisai partie, il n'y avait rien de plus à faire, à dire, à penser. Un moment de contemplation, un instant parfait.
Quand j'ai embarqué, j'ai mis en oeuvre et adapté des connaissances acquises , issues de la plupart des ouvrages que j'avais lu. Que ç'ait été de déséchouer le bateau vilainement planté sur un récif de corail à Cuba (technique de déséchouement classique, avec l'annexe pliante et l'ancre -dans le contexte d'un coup de "Norther" qui commençait à montrer les dents-) ou manipuler sur la cale d'un port mon petit côtre d'1 tonne1/2 ( technique improvisée d'après celle utilisés par Thor Heyerdal pour dresser une statue de l'île de Pâques!); ou encore des transpositions de pretiques de la marine des Trois-mâts, apprises dans l'intéressant "Admiralty manual of seamanship" - qu'on doit, je pense pouvoir encore trouver dans les ports militaires anglais, dans des bureaux qui s'appellent "Her Majesty stationnery office" (HMSO) - en quelque sorte l'équivalent du SHOM de chez nous.
Après pas mal de navigation en plaisancier de plus en plus professionnel, j'ai conclu de mes expériences que la différence principale entre les "plaisanciers" et les marins de métier était moins la capacité de bien mener son navire que la prise en compte consciente et active de la sécurité. ( ceci étant, j'ai parfois vu en marine marchande des marins commettre des fautes graves par routine, paresse, négligence, oubli des règles voire ivrognerie, avec ou sans conséquences) Alors, je suis passé en marine marchande, y ai suivi des cours, passé des examens, et acquis des brevets.
Je ne suis pas capitaine au longs cours ( je sais, cela n'existe plus et c'est dommage: cela a été remplacé par des sortes de chauffeurs de gros camions, mais le métier est - presque- le même); ni un de ces fendeurs d'océans stressés que j'admire sans réserve parce qu'ils ont porté la voile au plus haut, qu'ils ne "dépassent" pas leurs limites - la formule est absurde - mais qu'ils la frôlent de si près qu'elles deviennent parfois la limite même de leur vie, qu'ils ont su faire et voir ce que je ne pourrai jamais faire ni voir, et que néanmoins leurs travers - j' en connais "quelques-uns de certains" - rattachent encore à l'humain.
J'aime la mer; j'aime naviguer à la voile, le Soleil, le vent; j'aime les régions où la mer côtoie la terre, les gens que j'y rencontre. J'aime apporter des rêves à des gens qui n'osent pas quitter leur confort pour vivre les leurs.
Et je ne suis ni écrivain ni journaliste.
J'ai eu la chance de lire beaucoup, cela imprime dans l'esprit le vocabulaire , la syntaxe, les rythmes des différents styles. J'ai eu celle d'avoir un bon enseignement du Français au lycée
Et celle d'avoir eu des petites copines inspiratrices d'une volumineuse correspondance ( Dieu merci, les "S.M.S". n'existaient pas encore!) , dans le domaine du style, la pratique est également essentielle.
Les bons usages se perdent: il ne suffit plus maintenant de hisser le foc pour que "tout soit payé". Restent deux mois et demi à sacrifier aux obligations terriennes avant d'aller en Méditerranée essayer de voir des baleines et d'échapper auxgrands filets du paraît-il maintenant pêchent des plaisanciers
C'est maintenant quand je suis "enterré" que je me répète " mais qu'est-ce que suis venu faire là ?" surtout quand je lis l'évocation de vos sorties..
Et Collioure, avec les filles, et le nombre incalculable de verres de Pastis que j'ai perdu en jouant à la Pétanque avec les pêcheurs (la Pétanque a de commun avec la navigation qu' on doit lui consacrer beaucoup de pratique pour être performant.)
Ce n'est pas la Marne, où je donne un coup de main au club de voile local en tant que moniteur, conseiller , technicien et relation publique avec la mairie, qui peut satisfaire mon "besoin de mer" (titre d'un bon livre d'Hervé Hamon Je ne suis pas totalement d'accord avec lui, il lui arrive de donner comme réalités quelques épais lieux communs, et pourquoi répéter comme une litanie des caractéristiques du livre des feux? C'est néanmoins un livre agréable à lire quand on aime la mer.)
Les eaux "terrestres" manquent de vagues, d'horizons, et de l'odeur de la mer.
Pour répondre à votre curiosité, vous savez bien qu'une femme après 30 ans, un homme après 50 ne se souvient plus très bien de son âge.
Quant au parcours, il a commencé dans des livres. Dès que j'ai su lire,
je me suis incrusté dans la bibliothèque de ma grand-mère qui, outre qu'elle cultivait ses champs, se cultivait avec la totalité des oeuvres de Jules Verne, dans l'édition Hetzel, et des livres sur l'Afrique, les Amériques, l'Océanie. Chez mes parents, je lisais les voyages de Magellan, les livres de Monfreid, de Kessel, de Loti, et déja Alain Gerbault.
Mon premier livre "à moi" a été "naufragé volontaire" dédicacé par Bombard. En réalisant que par les livres je voyageais dans l'espace et le temps, il m'est venu une avidité boulimique de lecture, qui a nourri celle de voir ce qu'il y avait au-delà du prochain tournant de la route.
Mes parents étaient des terriens invétérés.. Mon père avait un jour acheté un kayak à voile "Chauveau" pliant ( l'actuel "Nautiraid") et, comme beaucoup d' acheteurs de voiliers le font encore, en présupposant que l'achat de l'engin lui conférait, comme une sorte d'onction , la connaissance de son utilisation. En conséquence, il s'était retourné. Il lui était resté une peur viscérale de tout ce qui navigue., et je me rendais compte , sur mon côtre, bateau fort stable, qu' il vivait encore un peu la terreur de cette expérience. La pédagogie de mes explications en théorie du navire ne l' en ont jamais totalement délivré.
Pendant les années de lycée, j'étais "vissé". J'ai haï école et lycée jusqu'à ce que je découvre l'intérêt de ce qu'on y apprenait. Alors, j'ai rattrapé le retard. Pendant les vacances, par contre, j'avais la bride sur le cou. J'étais rarement à la maison. Par contre, on pouvait toujours me retrouver sur le port. A 17 ans , j'ai fait une fugue: j'ai embarqué comme "tire-écoutes" sur un thonier à voiles, armé en plaisance. Au retour, trop heureux de me voir encore vivant, mes parents ont oublié de me réprimander.
J'ai commencé à naviguer sérieusement, comme l'on sait, sur un "vaurien" en contreplaqué, puis j'ai progressé jusqu'au point de pouvoir assurer un jour, dans une entreprise terrienne, à des collègues impressionnés par le patron: "quand on a vu un force 10 en mer, on n'a plus jamais peur de personne" ( n'allez pas pour autant chercher ce force 10, vous pouvez me croire sur parole)
Une immense joie a été pour moi d'apercevoir, un jour, L'Afrique. Pendant des années, elle n'avait eu d'existence que dans ma tête... après quoi, les Antilles, l'Amérique, ce n'était que la suite logique; encore qu' à Antigua, après 26 jours de désert liquide et de roulis pendulaire obstiné ( le bateau était étroit et calait 2,4 m, et supportait un saumon de fonte de 4,5 tonnes), à peine le fer eut-il croché au fond du mouillage d'English Harbour , je me suis assis de saisissement et - je n'ai pas dit, je n'ai pas pensé le mot, c'était une immense sensation, quelque chose comme "que c'est beau! "- c'était LA beauté, j'étais dans la beauté j'en faisai partie, il n'y avait rien de plus à faire, à dire, à penser. Un moment de contemplation, un instant parfait.
Quand j'ai embarqué, j'ai mis en oeuvre et adapté des connaissances acquises , issues de la plupart des ouvrages que j'avais lu. Que ç'ait été de déséchouer le bateau vilainement planté sur un récif de corail à Cuba (technique de déséchouement classique, avec l'annexe pliante et l'ancre -dans le contexte d'un coup de "Norther" qui commençait à montrer les dents-) ou manipuler sur la cale d'un port mon petit côtre d'1 tonne1/2 ( technique improvisée d'après celle utilisés par Thor Heyerdal pour dresser une statue de l'île de Pâques!); ou encore des transpositions de pretiques de la marine des Trois-mâts, apprises dans l'intéressant "Admiralty manual of seamanship" - qu'on doit, je pense pouvoir encore trouver dans les ports militaires anglais, dans des bureaux qui s'appellent "Her Majesty stationnery office" (HMSO) - en quelque sorte l'équivalent du SHOM de chez nous.
Après pas mal de navigation en plaisancier de plus en plus professionnel, j'ai conclu de mes expériences que la différence principale entre les "plaisanciers" et les marins de métier était moins la capacité de bien mener son navire que la prise en compte consciente et active de la sécurité. ( ceci étant, j'ai parfois vu en marine marchande des marins commettre des fautes graves par routine, paresse, négligence, oubli des règles voire ivrognerie, avec ou sans conséquences) Alors, je suis passé en marine marchande, y ai suivi des cours, passé des examens, et acquis des brevets.
Je ne suis pas capitaine au longs cours ( je sais, cela n'existe plus et c'est dommage: cela a été remplacé par des sortes de chauffeurs de gros camions, mais le métier est - presque- le même); ni un de ces fendeurs d'océans stressés que j'admire sans réserve parce qu'ils ont porté la voile au plus haut, qu'ils ne "dépassent" pas leurs limites - la formule est absurde - mais qu'ils la frôlent de si près qu'elles deviennent parfois la limite même de leur vie, qu'ils ont su faire et voir ce que je ne pourrai jamais faire ni voir, et que néanmoins leurs travers - j' en connais "quelques-uns de certains" - rattachent encore à l'humain.
J'aime la mer; j'aime naviguer à la voile, le Soleil, le vent; j'aime les régions où la mer côtoie la terre, les gens que j'y rencontre. J'aime apporter des rêves à des gens qui n'osent pas quitter leur confort pour vivre les leurs.
Et je ne suis ni écrivain ni journaliste.
J'ai eu la chance de lire beaucoup, cela imprime dans l'esprit le vocabulaire , la syntaxe, les rythmes des différents styles. J'ai eu celle d'avoir un bon enseignement du Français au lycée
Et celle d'avoir eu des petites copines inspiratrices d'une volumineuse correspondance ( Dieu merci, les "S.M.S". n'existaient pas encore!) , dans le domaine du style, la pratique est également essentielle.
Les bons usages se perdent: il ne suffit plus maintenant de hisser le foc pour que "tout soit payé". Restent deux mois et demi à sacrifier aux obligations terriennes avant d'aller en Méditerranée essayer de voir des baleines et d'échapper auxgrands filets du paraît-il maintenant pêchent des plaisanciers
Pourquoi fait-on de la voile ?
Bonjour les amis, décidément, ce n'est pas évident de répondre hors connexion. J'avais écrit un très beau texte, et voila que je viens juste de le perdre. Je disais dans ce texte, que j'entendais comme des abeilles siffler autour des oreilles de Windjammer. S'agit il du courroux d'une matelote énervée d'une affirmation trop vite lancée ? C'est possible. Mais si aucun solliloqueur n'a répondu, chère damoiselle, c'est bien que ce sujet a été évoqué précedemment, dans ce forum et dans l'autre. J'y exprimais clairement mon étonnement de voir ces femmes -rares il est vrai- plus douces que les hommes avec le matériel, ne cassant rien, et qui portent un degré d'affectivité à leur nef, que peu d'hommes portent. Elles ne souquent ni ne bordent à mort, et dans le petit temps, là où la sensibilité prime, elles sont bien plus fines. Donc un peu de bienveillance, pour les vieux loups de mer, qui en plus, n'en ont pas vu -de ces êtres velus, onglus, batailleurs, vénales, -et j'en passe- que sont les femmes- depuis longtemps...-------Mais non, je plaisante !----Elles sont adorables..... parfois.
Bon si nous revenions au sujet... Ah oui, pour Collioure, si d'ordinaire vous passez par ici, nous pourrions nous faire une petite navigation chaleureuse, sur la côte vermeille, et vers ce port mythique.... Vous me parlerez des craquements que l'on entend parfois sur mon bateau.... Et je vous reservirai en pastis, pendant que vous m'apprendrez la belote -certains ont essayé...-... Enfin bref, je serai ravi de vous avoir à mon bord, et nous n'aurions plus qu'à vous trouver ce petit éditeur qui serai ravi de parcourir, toutes vos anecdotes, si joliment racontées. A ce propos, en accord avec Osmose qui parcourt d'autres forums, je suis persuadé que les littéraires sont rares, et que les vrais conteurs sont plutot rares...
Revenons à nos moutons : J'ai lu également et avec force toute mon enfance, bien que ce ne fut pas spécialement des ouvrages de navigation, mais plutot des ouvrages historiques. J'aime donc aussi raconter des histoires, bien que la fibre paternelle ait été rompue ce soir, non par cette fleur sauvage, mais bien parce que tout mon texte soit parti précemment en fumée, à mon grand regret.
J'ai aimé le livre d'Hervé Hamon sur l'Abeille Flandres, bien que son style soit à mon avis un peu 'compliqué', et qu'il s'embrouille parfois dans les méandres de ses pensées. A part cela, on en apprend beaucoup sur la désinvolture des équipages, qui laissent parfois courir de gros risques aux équipes de sauvetage. On en apprend aussi beaucoup sur l'abeille, qui est capable -d'après Hamon- de concasser de la vague, mais aussi du rocher... A lire, sans emphase aucune, car le style est journalistique, dénué de passion.
'Naufragé volontaire' est le livre que je souhaite lire, mais je ne l'ai pas encore trouvé ici. Je viens de lire tout aussi récemment le livre de B. Larsson : Long John Silver, célèbre pirate en son temps, des eaux caraibes. Naturellement, ce livre a été bati avec la même stratégie que le 'Papillon' de H. Charrière... J'ai bien aimé le passage sur l'onction, il est savoureux. A ce propos, n'hésitez pas à m'envoyez votre mail, car d'hitoires philosophiques, dont certaines viennent de très loin, mon disque regorge, et je pense qu'elles occuperaient un temps vos pensées. Bonsoir Windjammer, Bonsoir à la dame qui faisiat du lèche-vitrines, bonsoir à Osmose, qui je crois, n'est pas très loin de moi. Bonsoir à tous. Jm.
Bon si nous revenions au sujet... Ah oui, pour Collioure, si d'ordinaire vous passez par ici, nous pourrions nous faire une petite navigation chaleureuse, sur la côte vermeille, et vers ce port mythique.... Vous me parlerez des craquements que l'on entend parfois sur mon bateau.... Et je vous reservirai en pastis, pendant que vous m'apprendrez la belote -certains ont essayé...-... Enfin bref, je serai ravi de vous avoir à mon bord, et nous n'aurions plus qu'à vous trouver ce petit éditeur qui serai ravi de parcourir, toutes vos anecdotes, si joliment racontées. A ce propos, en accord avec Osmose qui parcourt d'autres forums, je suis persuadé que les littéraires sont rares, et que les vrais conteurs sont plutot rares...
Revenons à nos moutons : J'ai lu également et avec force toute mon enfance, bien que ce ne fut pas spécialement des ouvrages de navigation, mais plutot des ouvrages historiques. J'aime donc aussi raconter des histoires, bien que la fibre paternelle ait été rompue ce soir, non par cette fleur sauvage, mais bien parce que tout mon texte soit parti précemment en fumée, à mon grand regret.
J'ai aimé le livre d'Hervé Hamon sur l'Abeille Flandres, bien que son style soit à mon avis un peu 'compliqué', et qu'il s'embrouille parfois dans les méandres de ses pensées. A part cela, on en apprend beaucoup sur la désinvolture des équipages, qui laissent parfois courir de gros risques aux équipes de sauvetage. On en apprend aussi beaucoup sur l'abeille, qui est capable -d'après Hamon- de concasser de la vague, mais aussi du rocher... A lire, sans emphase aucune, car le style est journalistique, dénué de passion.
'Naufragé volontaire' est le livre que je souhaite lire, mais je ne l'ai pas encore trouvé ici. Je viens de lire tout aussi récemment le livre de B. Larsson : Long John Silver, célèbre pirate en son temps, des eaux caraibes. Naturellement, ce livre a été bati avec la même stratégie que le 'Papillon' de H. Charrière... J'ai bien aimé le passage sur l'onction, il est savoureux. A ce propos, n'hésitez pas à m'envoyez votre mail, car d'hitoires philosophiques, dont certaines viennent de très loin, mon disque regorge, et je pense qu'elles occuperaient un temps vos pensées. Bonsoir Windjammer, Bonsoir à la dame qui faisiat du lèche-vitrines, bonsoir à Osmose, qui je crois, n'est pas très loin de moi. Bonsoir à tous. Jm.
-
Windjammer
- Messages : 2
- Inscription : ven. avr. 11, 2003 4:55 pm
Pourquoi fait-on de la voile ?
Il me va falloir trouver un ou une interprète pour traduire le texte précédent: par mes propres moyens cela me semble difficile, faute peu-t-être de ne pas pratiquer littératures ou revues d'avant-garde.
Quand il ne s'agit que de l'Anglais traduit à la machine, il m'arrive de le "retraduire" en Anglais, puis dans ma langue habituelle, mais là, il y a un travail en profondeur de révision du vocabulaire , de la syntaxe, et de la composition du texte: en principe, le langage est fait pour communiquer des idées, des concepts ou des informations. Il apparaît, avec l'affaiblissement de l'enseignement de la langue du pays que, chez certaines personnes, des mots plus ou moins en vrac se veulent langage, selon l'idée "je me comprends, donc les autres comprennent". Je ne ferai pas l'insulte de parler de charabia, car il m'a semblé qu'il y avait un certain effort d'expression.
Je vais quand même essayer d'en rechercher la signification:
"si je n'avais pas autre chose à faire, si..., si..., comme je pousserais le catway ( va-t-on vraiment si loin avec un catway?; y aurait-il une assimilation inconsciente entre les termes catway et caddy, l'un et l'autre barbares, mais admis par l'usage?
et surtout qu'il n'y ait pas de technique; d'abord à quoi ça sert?
et qu'il n'y ait que de petits airs
(d'ailleurs pas en régate, car se sont les vieux coriaces qui gagnent dans ces conditions, à cause de leurs nerfs d'acier )
et surtout qu'on trouve une veste Musto ( mais en solde ) pour aller à la Voile au Vent, au Grand Large ou à La Pergola.
le "si", tant de fois entendu, me rappelle quelque chose ( celui qui veut faire quelque chose trouve un moyen, celui qui ne veut pas le faire trouve des excuses)
La voile n'est pas une activité gratuite et obligatoire., même si elle est -accessoirement- instructive et formatrice. Personne n'est obligé d'y venir, ni d'y rester . Une place à bord se mérite . Quelques soient les idées "dans le vent" ( pas celui de la mer), c'est la réalité qui s'impose.
En vous souhaitant de trouver la veste de quart Musto ( et dans la bonne couleur)
PS: plus que jamais je ressens la navigation à voile comme moyen d'indépendance, et même, dans une certaine mesure, de liberté. Jamais il n'y viendra de féministes si ce n'est entre elles.
Quand il ne s'agit que de l'Anglais traduit à la machine, il m'arrive de le "retraduire" en Anglais, puis dans ma langue habituelle, mais là, il y a un travail en profondeur de révision du vocabulaire , de la syntaxe, et de la composition du texte: en principe, le langage est fait pour communiquer des idées, des concepts ou des informations. Il apparaît, avec l'affaiblissement de l'enseignement de la langue du pays que, chez certaines personnes, des mots plus ou moins en vrac se veulent langage, selon l'idée "je me comprends, donc les autres comprennent". Je ne ferai pas l'insulte de parler de charabia, car il m'a semblé qu'il y avait un certain effort d'expression.
Je vais quand même essayer d'en rechercher la signification:
"si je n'avais pas autre chose à faire, si..., si..., comme je pousserais le catway ( va-t-on vraiment si loin avec un catway?; y aurait-il une assimilation inconsciente entre les termes catway et caddy, l'un et l'autre barbares, mais admis par l'usage?
et surtout qu'il n'y ait pas de technique; d'abord à quoi ça sert?
et qu'il n'y ait que de petits airs
(d'ailleurs pas en régate, car se sont les vieux coriaces qui gagnent dans ces conditions, à cause de leurs nerfs d'acier )
et surtout qu'on trouve une veste Musto ( mais en solde ) pour aller à la Voile au Vent, au Grand Large ou à La Pergola.
le "si", tant de fois entendu, me rappelle quelque chose ( celui qui veut faire quelque chose trouve un moyen, celui qui ne veut pas le faire trouve des excuses)
La voile n'est pas une activité gratuite et obligatoire., même si elle est -accessoirement- instructive et formatrice. Personne n'est obligé d'y venir, ni d'y rester . Une place à bord se mérite . Quelques soient les idées "dans le vent" ( pas celui de la mer), c'est la réalité qui s'impose.
En vous souhaitant de trouver la veste de quart Musto ( et dans la bonne couleur)
PS: plus que jamais je ressens la navigation à voile comme moyen d'indépendance, et même, dans une certaine mesure, de liberté. Jamais il n'y viendra de féministes si ce n'est entre elles.
Attention,
là, ça va partir en c....
:x
:x