efge a écrit :
Puisque tu ne doutes pas de ma parole, il reste que tu ne vois pas comment le pont en bois a résisté.
Le fait est que ça a tenu, et que, si tu ne vois pas comment, ça montre juste tes Limites à toi.
Bah, ... en ce qui concerne mes limites ..
effectivement , .. je ne vais pas la "ramener" ... puisque
je n' ai qu' une experience
d' à peine huit ans d' école de voile en tant que moniteur en Manche
d' une petite trentaine d' années de voile dont une dizaine de régate en dériveur.
J' ai AUSSI navigué en PIAF en Bretagne nord, ..
donc c' est un bateau que je connais un peu ...

Quant à mon expérience de "vent", elle se limite à "seulement" du 55 noeuds ( 1oo km/h si tu préfères ) en "rafales" ( donc à peine 45 noeuds établis ) .
C' était en Juin 76 ( sur le route "NORD" ) pendant la Transatlantique à la voile que Tabarly avait gagné avec son Pen Duick 6.
Comme c'était "après" ta sortie au delà de force 12, tu dois te souvenir de cette époque...
- le catamaran BRITISH OXYGEN de Robin Knox Jonston dont les coques se sont séparées
- le Monocoque GAULOISES de Pierre FEHLMANN disloqué
- ITT OCEANIC de 39 m de long ( Yvon FAUCONNIER ) qui a du se faire remorquer par un remorqueur Russe
....
3 disparus en mer durant cette course...
Durant la tempete plus récente de 99 que j' ai vecu à terre,
je n' ai eu QUE du 165 km/h en rafales, ....
eh bien je peux te dire que je ne serai pas sorti à pied avec un tel vent ...
( et pareil à "seulement" 130 km/h )
Pour info,
il faut bien moins de vent de travers que 1oo km/h pour renverser un bateau ( à terre ) du fait de la seule prise au vent du mat ....
A 1oo km/h de vent, chaque goutte d' eau que tu prends dans le visage est une aiguille qui s' enfonce dans ta peau
A 1oo km/h de vent, le haut des vagues est pulvérisé par la force du vent
....
Après, .. libre à toi de penser que
- des haubans ( ou étai ) de 3mm de diamètre en inox puisse résister
- le pont en Contrepaqué - pour les modèles de 1965 à 1969 - ( les versions en polyester sont apparues à partir de 1969 ) ait pu résister à une telle pression.
- les voiles en fasseyant n' aient pu se déchirer ( j' écris en "fasseyant" car je doute que tu puisses
a) avoir la force de les border vu la puissance du vent dans celles-ci
b) avoir la possibilité de la border
b1) vu le diamètre de l' ecoute ( maxi 8 mm )
b2) vu le couple de chavirage qu 'entrainerait le fait que tu "commences" à border les écoutes
c) de toutes façons, même voiles fasseyantes, avec un vent à force 8 le chavirage est inévitable
- que le mat, .. ( en admettant que les haubans et éta aient résisté .... ) n' ait pas "flambé" ( je rappelle qu' il n' est pas tenu par des barres de fleches ) , voire cassé
- que la bome ait résisté
Perso, je ne pense pas avoir navigué en Manche au-delà de force 6 établi sur un dériveur Allemand plus apte à supporter le mauvais temps qu' un PIAF .. .
Eh bien je peux te dire que c' était un sacré rodéo !
... et que la sortie n' ai pas durée longtemps
Mais je préfère te laisser à tes certitudes établies ....
Il n' y a pas mort d' homme après tout ....
N'hésite pas à aller sur les forums dériveurs pour y annoncer ton exploit...
( par ex http://piaf-voile.olympe.in/ )
tu verras bien ce que les gens diront

Bonnes navs !
Et Merci d' avoir animé la page Voile
